Par bobmorane75
Intéressant point de vu en huis clos de Nicolas Saada, sur une attaque terroriste d’un hôtel, hélas récurent en ces temps troublés, avec le point de vue d’une otage enfermée dans sa chambre, inspirée d’une histoire vraie, mais malheureusement raté dans sa réalisation et direction de jeu.
Parce que son père est envoyé en poste à Bombay pour son travail, Louise aâgée de dix-huit ans, et sa mère partent avec lui. En attendant d’emménager dans une maison, ils sont logés dans une suite du Taj Mahal Palace. Passés les premiers jours de découvertes de la ville et ses habitants en un choc culturel, Louise commence à s’ennuyer. Aussi, quand un soir ses parents partent diner en ville, elle préfère rester tranquillement seule à l’hôtel. Mais d’étranges bruits se font entendre dans
le hall, puis les couloirs, des coups de feu et des cris commencent à l’inquiéter malgré la réponse rassurante de l’accueil. Louise comprend que l’hôtel est la proie d’une attaque terroriste. Enfermée et cachée autant que possible, la jeune femme n’a d’autre lien que son téléphone avec ses parents, entendant l’horreur se rapprocher de sa chambre.
Ainsi conté, l’angoissant calvaire de cette jeune fille déjà perdue dans un pays lointain, qui se retrouve au cœur d’une attaque terroriste meurtrière, coincée dans un placard sans jamais rien voir, a du en effet être une expérience traumatisante. Et pourtant, dans ce huis clos claustrophobe, on n’y croit jamais. La faute à une réalisation maladroite et à un mauvais jeu des interprètes. Aussi dramatique et horrible que soit la situation vécue, j’ai eu le sentiment que les acteurs et l’actrice principale n’y croyaient pas. Alors
qu’il devrait y avoir une tension brûlante d’angoisse et de peur, de panique et de pleurs, quand bien même passées les premières minutes d’incertitude et d’incompréhension, même avec un sang froid ou une inconscience de la réalité, aucun sentiment n’apparait. D’autant plus étonnant, qu’une simple fiction d’horreur est beaucoup plus marquant, quand l’idée de ce témoignage sans rien voir ni montrer était excellente. Grosse déception du coup, sur un sujet aussi sensible quand le film est sorti entre le carnage du 13 novembre, et l’attaque de l’hôtel au Mali, en plein cœur d’une actualité effroyable.
Le film est tiré du réel témoignage d’une française, lors des attaques du 26 au 29 novembre 2008 à Bombay. Il s’est agit, comme à Paris, d’une série de dix attaques terroristes islamistes, les Moudjahidines du Deccan, 188 personnes, dont au moins 26 ressortissants étrangers ont été tuées et 312 blessées. Sur les 10 terroristes islamistes, 9 ont été tués et un fait prisonnier. Le seul rescapé, jugé en Inde, a été condamné à mort et exécuté, sept autres pakistanais soupçonnés d'être liés à l'attentat sont en cours de jugement au Pakistan. Plus proche de nous, le 20 novembre dernier, l’attaque de l'Hôtel Radisson Blu à Bamako au Mali, avait fait 21 morts entre des touristes étrangers et des personnels maliens.
Le casting composé de la belle Stacy Martin (Nymphomaniac) aussi peu convaincante, de même Louis-Do de Lencquesaing (Valentin Valentin) catastrophique, et Gina McKee (Jimmy P) pas mieux lotie, face à Alba Rohrwacher (Vierge sous serment) qu’on a connu mieux, et Frédéric Epaud (De toutes nos forces) ont joué de malchance par une mauvaise indication du réalisateur aussi peu inspiré.

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