Par bobmorane75
Un très beau film touchant de John Crowley et Paul Tsan d’après le roman de Colm Tóibín, relatant les difficultés de l’immigration et d’intégration et du mal du pays d’une jeune irlandaise dans l’Amérique des années cinquante, conté avec beaucoup de tact et de sensibilité avec une romance qui cristalise tous les espoirs et les déchirements.
Sur les recommandations de sa sœur ainée Rose, la jeune Eilis Lacey quitte son Irlande natale des années cinquante pour New York, où l’attende une pension de jeune filles irlandaises et emploi grâce au père Flood, en plus d’une formation professionnelle. Entièrement consacrée à ses activités, elle ne pense qu’à sa sœur et sa mère au pays, quand elle fait la rencontre du jeune Anthony "Tony" Fiorello issu de la communauté italo-américaine. Une romance amoureuse qui lui redonne du sens de sa vie, et oublier le mal du pays. Mais un drame familiale la ramène en Irlande, avec le bonheur de retrouver son pays et Jim Farrell, un jeune irlandais qui pourrait combler ses rêves de rester au pays. Partagée entre deux pays et deux amours, Eilis se sent déchirée entre deux bonheurs possibles.
Je craignais une romance à l’eau de rose un peu trop gnangnan, pour découvrir avec plaisir un touchant portrait tout en finesse et sensibilisé. Il en est des différents messages soulevés avec subtilité, tant sur l’immigration que sur le mal du pays autant que de l’insertion que de l’amour bien que le parti pris final laisse quelque peu à réflexion sur les réelles motivations, même si on l’approuve de fait. Pour une fois, on ne nous présente pas les immigrés –migrants- avec le regard de la wasp américaine avec sa xénophobie habituelle ou sa condescendance méprisante,
avec le cadre des mafias irlando-italienne. Mais c’est celui de millions de gens venus des quatre coins du monde, venus tenter une nouvelle vie avec étude et travail dans le respect du pays qui l’accueil, et leurs ressentis. La narration est joliment contée, sur des images superbes à la mise en scène doucereuse pour une ambiance colorée et lumineuse qui restitue bien une époque. Avec une belle interprétation, il n’eut été cependant pas plus mal de prendre un vrai italo-américain pour le rôle principal.
Avec une Saoirse Ronan (Lost river) véritablement transcendante et toujours aussi terriblement émouvante, face à Domhnall Gleeson (Star wars - le réveil de la force), quand Emory Cohen manque de conviction. Jim Broadbent (Un week-end à Paris) ainsi que Julie Walters (Paddington), comme Emily Bett Rickards et Eve Macklin, Bríd Brennan (Shadow dancer) et Fiona Glascott, Jessica Paré (La machine à démonter le temps) et Eileen O'Higgins, sont excellents.

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