Par bobmorane75
Un grand merci à BAC Films pour m’avoir fait découvrir ce thriller politique réalisé par Nicolas Pariser pour son premier long métrage dont il s'inspire de l'affaire Tarnac, en particulier avec des références qui en rappellent d’autres.
Lors d’une soirée, Pierre Blum, un écrivain quadra qui fut prometteur quinze ans plus tôt, fait la connaissance de Joseph Paskin. Homme influent dans le monde de la politique, charmeur et sympathique, il lui propose bientôt la commande d’un livre étrange, ayant pour but de mettre à mal un ministre du gouvernement. Lors d’un vernissage dans la galerie de son ex-femme, Pierre tombe amoureux de Laura, une militante d'extrême gauche. Avec la parution du livre, des menaces se font plus précises et dangereuses tant contre Pierre que ses proches.
Très belle intrigue politico-policière au suspens judicieusement maintenue jusqu’au bout aux multiples références d’affaires réelles. Le regard porté sur ces manipulations, que ce soient celles des couloirs du pouvoir ou dans les petits cercles anarcho-staliniens d’extrême gauche, nous montre à quel point le désir de pouvoir est sans limite. Ainsi, en plus de l’affaire Tarnac, se grèvent également les allusions aux morts violentes de Jean de Broglie, Robert Boulin ou Pierre Bérégovoy. Une vision bien sombre de nos politiques, dans un récit confusément quasi parfait sur des dialogues de qualité et une magnifique interprétation. Les sorties
littéraires chaque année, aux pseudos révélations sont légion et font les choux gras d'une presse avide. La mise en scène est maitrisée pour une ambiance feutrée et particulièrement diabolique. J’ai beaucoup aimé les allusions doucereuses aux sales affaires historiques qui ont jalonnées nos différents gouvernements, entre morts suspicieux et détournements relevant de manipulations perverses au profil de guerres de pouvoirs et d’influences pour des égos surdimensionnés qui font frémir. Ainsi, Nicolas Pariser nous transmet sa passion avec un régal jouissif.
L’affaire Tarnac est un sombre dossier en 2008 dans lequel s’est fourvoyée Michèle Alliot-Marie, alors ministre de l’intérieur, contre Julien Coupat dont on lui avait collé le sabotage d'une caténaire de ligne TGV, et qui fût arrêté avec 9 autres présumés complices. Affaire qui pris une ampleur sans précédent en France comme à l’étranger tellement le dossier mal ficelé sans preuve ni aveu ressemblait à un montage et manipulation, dont un livre pathétique lui fut également attribué.
Avec des interprètes convaincants tels Melvil Poupaud (Vue sur mer) et André Dussollier (Trois souvenirs de ma jeunesse) excellents, de même Clémence Poésy (Jeanne captive) et Sophie Cattani (L'Ex de ma vie) marquantes, comme Nicolas Wanczycki (Lolo) et Gavino Dessi, Antoine Chappey (Les cowboys) et la bien jolie Audrey Bastien (J'aime regarder les filles), ainsi que Camille Constantin et Chloé Mazlo, Lucie Borleteau (L'Apollonide) et Bernard Verley (Tiens-toi droite), Vanessa Larré et Thomas Chabrol (Quai d’Orsay), ou encore Nathalie Richard (Jeune & jolie), Natasha Andrews (Magic in the moonlight) et Lou Chauvain.
Le film Le grand jeu de Nicolas Pariser, distribué par BAC Films, disponible dans les meilleurs bacs à partir du 19 avril 2016 en DVD et bluray au prix conseillé de 19,99€. Dans les suppléments, deux moyens métrages, La République et Agit pop, ainsi qu’un intéressant entretien avec le réalisateur qui répond à des questions divers sur son film, ses références et ses interprètes.

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