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Voici le temps des assassins

Un très grand merci à Pathé pour m’avoir permis de découvrir ce superbe film réalisé en 1956 par Julien Duvivier (Pépé le Moko) et magnifiquement restauré, sur une trame des plus sombres et angoissantes d’un thriller psychologique qui hante longtemps.

Afficher l'image d'origineTenant un restaurant qui vient d’être chaleureusement encensé par la presse, André Chatelin, homme sympathique et généreux, reçoit la visite impromptue de Catherine. Celle-ci lui annonce être la fille de l’ex-femme d’André, décédée huit jours plus tôt. Avec ses airs angéliques et sa voix douce et tendre, elle attendri André qui, émut par le sort de la jeune femme, lui offre le couvert, puis le gite et bientôt un emploi dans son restaurant. Il tente même de la rapprocher de Gérard, un jeune étudiant qu’il considère comme son propre fils. Mais très vite, Catherine sème la discorde entre les deux hommes, par des mensonges et manipulations.

Afficher l'image d'origineJ’ai adoré cette terrible histoire, où d’entrée de jeu on sent que quelque chose ne colle pas, emplissant une ambiance délétère pestilentielle sans trop comprendre les enjeux, quand tout semble calme en apparence, et  que la chanson La complainte des assassins, d’près des paroles du réalisateur, interprétée par Germaine Montéro donne le ton. Afficher l'image d'origineEntre cet homme trop gentil naïf, bourru et débonnaire, ce jeune étudiant sensible à fleur de peau qui réagit au quart de tour, et cette jeune femme avec ses faux airs d’ange à qui l’on donnerait le petit Jésus sans confession, s’instaure rapidement une atmosphère irrespirable et oppressante. Quand par-dessus, se rajoutent d’autres personnages féminins aussi diaboliques, telle que la mère d’André aussi violente avec les gens qu’avec ses poulets (j’espère que la scène de décapitation est factice tellement elle est odieuse) et son nerf de bœuf, ou la servante trop curieuse, Afficher l'image d'originecomme la mère alcoolique et droguée, nous avons une galerie de portraits qui a tout pour nous mettre mal à l’aise. De plus, le cadre magique des Halles, ventre de Paris désormais disparus, le récit nous entraine dans une sombre machination qui nous remue face à la facilité dont les victimes se laissent berner. Un vrai film noir d’angoisse dans une ambiance malsaine et puissamment marquant, avec une terrible fin.

Afficher l'image d'origineAvec un Jean Gabin (Pépé le Moko) excellent à contre emploi, face à la belle Danièle Delorme magistralement diabolique, et le beau Gérard Blain excellentissime. Il en est de même de Robert Arnoux et Liliane Bert, Lucienne Bogaert et Aime Clariond, comme de Gabrielle Fontan (Maigret et l'affaire Saint-Fiacre) et Germaine Kerjean, le magnifique Robert Manuel et Robert Pizani, Jean-Paul Roussillon et Gaby Basset, mais aussi Paul Demange, Olga Valéry et Betty Beckers, sans oublier le brave chien César.

Le film Voici le temps des assassins de Julien Duvivier, distribué par Pathé, le blu-ray sera disponible dans les meilleurs bacs dès le 1er juin 2016. Dans les suppléments, des entretiens avec Hubert Niogret et Eric Bonnefille, auteurs de livres sur Julien Duvivier, qui reviennent sur la genèse du film et sa réalisation comme sur la carrière des interprètes.

3 étoiles

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D
Bonjour Bob, j'ai vu tout récemment ce film noir, très noir où Danielle Delorme fait peur. L'histoire montre que l'on peut faire faire du mal voire plus avec des mots. Un très bon film français. Bonne journée.
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