Par bobmorane75
Et donc, c’est Andy Muschietti (Mamá) qui s’est attelé à l’adaptation de l’œuvre de Stephen King pour une reprise assez décevante en deux parties, dont ce premier opus insipide n’apporte rien de nouveau, avec même moins d’émotion et de frayeur.

Dans la petite ville de Derry, l’année 1988 voit une série de meurtres et de disparitions d’enfants, dont Georgie, le petit frère de Bill Denbrough. Un an plus tard, Bill et ses amis Ben, la belle Beverly, Richie, Eddie, Stanley et Mike, forment le gang des 7 Losers, ont tous été sujet à des agressions, menaces ou hallucinations perpétrées par un clown effrayant. Leur enquête les mènent dans une sorte de maison hantée abandonnée, et dans les égouts de la ville. Les enfants sont bien décidés à mettre un terme avec ce démon.

N’ayant pas lu le livre originel afin de la comparer au film, c’est donc avec Ça l’excellent téléfilm en deux partie de Tommy Lee Wallace, que je peux me référer. Force est de constater que ce remake n’apporte aucun intérêt particulier, ni à l’histoire ni à l’ambiance. Il est vrai que pour reprendre l’œuvre il fallait apporter quelque chose de nouveau et de plus percutant, qu’hélas Andy Muschietti s’est révélé totalement incapable à relever. D’une part, avec le choix du script, où la première partie est axée sur les enfants, en attendant la seconde partie sur les adultes, et d’autre part sur la narration qui en découle avec les rapports entre les enfants.

L’effet d’émotion du retour de Ça en est fortement atténué, bien que plus gore mais moins sordide sur les meurtres et enlèvements d’enfants, et avec ce happy end final, qui minimise la portée de l’horreur initial. Ainsi, l’interaction entre passé et présent qui apportait une dimension plus horrible que la volonté de scinder en deux films bien distincte ne met pas pour autant en valeur la souffrance des enfants et leur maltraitances par les parents ou les camarades de classes. Le choix de retailler les personnalités des enfants, beaucoup moins sympathiques, même entre eux, en plus grossiers et violents, nous les

rendent moins attachants. Et puis avec la petite Beverly Marsh, transformée en une vamp super plus proche d’une jeune femme de dix-huit ans que la pré-ado de douze ans, change la donne, et le regard glauque de la caméra qui fixe certaines parties de son anatomie juvénile est souvent déplacée. Une fois n’est pas coutume, Hollywood ne peut s’empêcher d’aborder sa religion hégémonique péniblement lourdingue sans intérêt au récit. On peut ainsi trouver nombre de différences à ce petit jeu, au détriment de cette version, dont la deuxième partie sera focalisé 27 ans plus tard sur les adultes et le retour de Ça.

Une réalisation qui tombe encore dans les travers du cinéma actuel, en total opposition de 1990, avec des images sombres et des couleurs ternes, des bruitages récurrents de films d’angoisse et d’une musique omniprésente qui amène les moments d’horreurs et des violentes crues moins efficaces que la subtilité, pour des effets tellement usés qu’ils n'ont plus d'efficacité. De sorte que l’ambiance n’arrive jamais à effrayer, marquer ni même traumatiser. Un film comme tant d’autres de la production industrielle qui nous abreuve chaque semaine en toute insipidité et sombre aussi vite dans l’oubli, qui amusera sans doute ceux qui n’auront pas vu le précédent.

Avec Jaeden Lieberher et Jeremy Ray Taylor (Ant-Man), la très jolie Sophia Lillis et Finn Wolfhard, Chosen Jacobs, Jack Dylan Grazer et Wyatt Oleff (Les gardiens de la galaxie 2), Bill Skarsgård (Divergente 3) en monstre bien moins impressionnant que Tim Curry, Nicholas Hamilton, Jake Sim et Logan Thompson, Owen Teague et le petit Jackson Robert Scott, Stephen Bogaert et Stuart Hughes.

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