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Dans un recoin de ce monde - Kono sekai no katasumi ni - この世界の片隅に

Excellent, très beau et triste film animé de Sunao Katabuchi (Mai mai miracle), pour son troisième long-métrage, pour l'adaptation du manga de Fumiyo Kōno, pour une narration fictive mais inspirée de tant de réalités sur fond historique d’une intense émotion.

Quelque peu lunaire et maladroite, douce et gentille, la jeune Suzu Urano vit avec sa famille à Hiroshima en cet avant seconde guerre mondiale. Elle quitte sa ville et ses proches lors de son mariage en 1944 et part pour Kure, une ville portuaire militaire. Sa nouvelle vie au sein d’une famille étrangère et d’un mari inconnu, s’écoule dans un contexte de guerre où les privations et les bombardements américains se font durement sentir. La jeune femme fait face à toutes les difficultés et les horreurs tout en essayant de garder la joie de vivre.

Terriblement poignant et épouvantablement émouvant, j’ai été atrocement bouleversé par ce récit magistralement écrit, conté et illustré. Ainsi, à travers le vécu de cette jeune femme, victime d’un frère méchant, victime d’un statut de la femme japonaise aux conditions de vie difficiles, qui pourtant fait face avec abnégation et toujours bonne humeur, se retrouve dans la tourmente de la guerre. Un très beau portrait de femme dans une société patriarcale et machiste, sous une dictature militaro-industrielle faschiste d’une culture misogyne.

Comme toutes les guerres sont horribles, celle-ci dépassait toutes les pires atrocités sur les populations civiles sans plus aucune retenue dans un sadisme de la pire espèce. Les ingénieurs en destructions massives s’en sont donné à cœur joie entre les bombes aux phosphores et l’arme nucléaire, sans oublier pour la suite les mines en forme de jouet.

Bien sûr, on pourra rétorquer que pendant ce temps-là, l’armée japonaise perpétrait elle aussi les pires horreurs de crimes contre l’humanité, mais ce que les alliés en perpétraient d’abominations sur les populations civiles était se mettre au niveau des nazis. Rien ne justifie la barbarie quelque soit la cause aussi juste quelle soit. De fait, le récit s’attache à nous décrire le vécu d’une jeune fille prise en otage d’une guerre qui la dépasse et vit une dégradation de vie, jusqu’à la bombe nucléaire aux conséquences directes, mais aussi les radiations qui vont poursuivre l’œuvre de mort lente.

L’émotion, comme la douleur et l’horreur sont décrit avec une telle intensité de subtilité sans jamais ou presque n’en rien montrer avec une sensibilité extraordinaire que l’émotion nous submerge forcément par tant de délicatesse. Et l’horreur trouve encore avec cette petite fille adoptée, avec ces radiations non montrées, avec ces privations et ces traumatismes, avec ces mutilations aux conséquences sur le temps, que le sourire de la petite Suzu marque, en ignorant encore ce qui l’attend.

Ainsi, ce Paul Tibbets, dernier maillon de l’innommable qui porte tant de souffrance sans avoir jamais éprouver de remord ou de compassion, qui baptisa son B-29 Enola gay d'après sa mère, qui lançant la bombe Little boy, juste pour un petit message aux soviétiques. Depuis Le tombeau des lucioles je n’avais à ce point ressenti autant d’émotion. La réalisation est magistralement superbe, tant en graphisme qu’en animation, les couleurs et les lumières, les travelings et les subtilités indiscernables et pourtant marquantes. Une œuvre magistrale pour un récit remarquable.

Avec les voix de Non et Megumi Han, Yoshimasa Hosoya et Natsuki Inaba, Nanase Iwai et Minori Omi, Daisuke Ono et Tengai Shibuya, Mayumi Shintani et Shigeru Ushiyama.

4 étoiles

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