Par bobmorane75
Une terrible reconstitution de l’horreur qu’Erik Poppe a réalisé dont on peut légitimement se demander à quel point ce n’est pas inconvenant.

Ainsi, le récit commence par l’explosion d’une bombe dans le quartier des ministères à Oslo, quand au même moment des centaines de jeunes militants de la ligue des jeunes travaillistes se trouvent sur la petite île d’Utøya. Un camp d‘été politique et festif. Kaja, sa sœur Emilia et des amis apprennent la nouvelle sans savoir de quoi il en retourne.

Accident de gaz ou attentat ? Quand un coup de feu, puis d’autres les interpèle. Pétards ? Mais les cris, les hurlements et la fuite éperdue des jeunes sème la panique. Un ou plusieurs hommes, des policiers ? tire et tue. Kaja perd sa sœur qu’elle veut retrouver à tout prix dans la peur, les cris les coups de feu qui ne cessent d’éclater.

Déjà en soit, les films du genre me mettent toujours mal à l’aise tant de délectation en découle des réalisateurs et scénaristes jusqu’aux spectateurs douteux avides de sensation, de terreur et de violences sadiques. Mais cela reste de la fiction.

Là, il s’agit de la réalité que nous avons tous en mémoire, que nos imaginaires ont déjà créés l’horreur de ce qu’on du vivre ces jeunes. Alors reconstituer les épouvantables événements pour quoi ? Montrer ce qu’on vécus ces jeunes victimes ? Ce qu’ils ont ressentis ? On s’en doute, on devine aisément le traumatisme des survivants, on sait l’horreur d’une telle abomination.

Alors ? Empêcher que ça recommence ? Éviter que l’assassin ne ressorte ? Nous connaissons la réponse à l’avance. Va-t-on en faire autant du Bataclan ou de Nice ? Certes, il s’agit d’un docu-fiction dont les protagonistes sont fictifs, mais sur la base de témoignages des policiers et des survivants, ce qui donne une intense émotion avec ces coups de feu suivi des cris qui n’en finissent pas pour 68 jeunes victimes et 1 policier. Dire que cela a duré 72 minutes, moins que la durée du film, et que c’est long et insoutenable. Alors oui c'est très bien filmé caméra sur épaule pour nous mettre au cœur de la traque et de la terreur mortelle, oui c'est très bien joué, mais pour quelle pertinence ?

Avec les excellents Andrea Berntzen, Elli Rhiannon Müller Osbourne et Aleksander Holmen, Brede Fristad, Sorosh Sadat et Daniel Sang Tran, Mariann Gjerdsbakk, Torkel Dommersnes Soldal et Tamanna Agnihotri, Ada Eide, Jenny Svennevig et Magnus Moen, Solveig Koløen Birkeland, Karoline Petronella Ulfsdatter Schau et Ingeborg Enes Kjevik.

Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog