Par bobmorane75
Sympathique exercice de style pour relater la création fictive de l’une des œuvres la plus jouée au monde dans la première réalisation d’Alexis Michalik, sur une génése de la célèbre pièce de théâtre Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand.

Décembre 1897, Paris. Edmond Rostand n’a pas encore trente ans mais déjà deux enfants et beaucoup d’angoisses. Il n’a rien écrit depuis deux ans. En désespoir de cause, il propose au grand Constant Coquelin une pièce nouvelle, une comédie héroïque, en vers, pour les fêtes. Seul souci : elle n’est pas encore écrite.

Faisant fi des caprices des actrices, des exigences de ses producteurs corses, de la jalousie de sa femme, des histoires de cœur de son meilleur ami et du manque d’enthousiasme de l’ensemble de son entourage, Edmond se met à écrire cette pièce à laquelle personne ne croit. Pour l’instant, il n’a que le titre : « Cyrano de Bergerac ».
Étonnante comédie dans un style vaudevillesque quand la pièce en est totalement à l’opposée. Bien que sympathique et totalement fictive dans la création de l’œuvre, la mise en scène un peu trop longue est amusante à suivre.

On peut regretter la transposition de message politiquement bien pensant avec la minorité visible qui à l’époque n’aurait jamais possédé ni brasserie ni fait acte de violence sur les parisiens. La violence du propriétaire ne vaut pas mieux que les propos racistes du client. Le tout ne cadre pas dans l’époque, et la scène n’apporte aucun intérêt à la trame, pas même pour débiter les premiers vers de la pièce. Une version originale en tout cas d’aborder la pièce tant de fois jouer sur scène et au cinéma en de multiples reprises plus ou moins avec efficacité et émotion.

Il eut été peut-être judicieux de s’arrêter au levé de rideau. Nous nous souvenons de l’empathique et pénible Cyrano de Bergerac de Jean-Paul Rappeneau en 1990, quand le Cyrano de Bergerac de 1950 par Michael Gordon était plus proche de l’œuvre. Les interprétations sont excellentes dans une mise en scène soignée.

Avec Thomas Solivérès, Olivier Gourmet et Mathilde Seigner, Tom Leeb, Lucie Boujenah et Alice de Lencquesaing, Clémentine Célarié, Igor Gotesman, Dominique Pinon et Simon Abkarian, Marc Andréoni, Jean-Michel Martial et Alexis Michalik, Benjamin Bellecour et Olivier Lejeune.

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