Par bobmorane75
Un grand merci à Les Mutins de Pangée pour m’avoir permis de découvrir ces deux documentaires sortis en 2010 et en 2020, réalisés par Pascal Boucher, pour un portait tendre et émouvant.
Bernard, ni Dieu ni chaussettes.
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Bernard Gainier est le gardien d’une mémoire paysanne, le passeur d’une poésie populaire, et d’une langue, le patois beauceron. C’est un « diseux » resté fidèle à une tradition libertaire et humaniste qui a marqué sa ville de Meung-sur-Loire. Rabelais écrivit son Pantagruel dans un château voisin, François Villon fut jeté dans les geôles de son château, et c’est là que grandit le poète Gaston Couté, « Le Rimbaud de la Beauce ». En 2010, sortait en salles son portrait Bernard, ni dieu ni chaussettes. Dix ans plus tard, on retrouve son désir, toujours inébranlable, de liberté dans un nouveau film « Le ciel peut attendre ».
Le ciel peut attendre
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Dix ans plus tard, Pascal Boucher retrouvait Bernard Gainier, un des derniers diseux en patois beauceron des textes du poète Gaston Couté. Mais aux salles de cinéma succédèrent les salles d’hôpital et le placement en Ehpad. Ce gardien de la mémoire paysanne perdait la sienne. L’histoire aurait dû s’arrêter là… Mais c’est sans compter sur les mystères du cerveau et son désir inébranlable de liberté, le ciel peut attendre !
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Un très tendre et beau portait d’un conteur de talent, attachant et envoûtant. Ce paysan anar tout en mesure, avec le recul de la vie, conteur passionné du poète Gaston Couté nous le fait découvrir avec intérêt. Une vision de l’agriculture qui fait l’actualité ces dernières semaines avant l’ouverture du Salon de l’agriculture, trouve par Bernard Gainier toute la complexité du métier de la terre. De Meung-sur-Loire, nous avons la victoire de Jeanne d’Arc sur les anglais, l’arrivée de d’Artagnan sur sa jument jaune, et toute mon enfance avec ma famille en caravane sur les bords de la Loire, notamment en Mai 68. Avec ce portrait d’un homme de la terre et des lettres, c’est celui de la ville, de la mentalité de la campagne, qui me fait dire qu’il en faudrait aussi de mes Ardennes natales, loin, très loin du seizième arrondissement, des écoles privées d’élites et gouvernants. Deux films à dix d’écart où Bernard s’est confronté à l’usur du corps et de l’esprit sans perdre pourtant de sa vivacité malgré la tristesse de la vieillesse et de la maladie avec sa combattivité pour garder sa mémoire et sa passion.
Le documentaire Le Bernard, le dernier des diseux, distribué par Les Mutins de Pangée, est toujours disponible dans les meilleurs bacs et en ligne depuis le 1er février 2011. Dans les suppléments, Ma guerre d’Algérie, Bernard à Montmartre, La Complainte du vieux batteux, Débat au cinéma Saint-Michel, Ôde à la merde, Les Bornes, Bernard, le réalisateur et des spectateurs, Musiques du film, Carnets de tournée.
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