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Silence et cri - Csend és kiáltás²

Un grand merci à Clavis Films et à Doriane Films pour m’avoir permis de découvrir cette dramatique hongroise, sortie en 1968, réalisée par Miklós Jancsó, pour un huis clos à ciel ouvert, oppressant dans la répression.

En 1919, après la défaite de la République des conseils en Hongrie, traqué par l’armée, István, ancien soldat de l'Armée rouge, est caché dans la ferme de Károly. Deux jeunes femmes tombent sous son charme  fugitif. Mais le trio est retrouvé par par un commandant de la gendarmerie libidineux et lâche, et pris en otage. La terreur règne dans la région et sur la population. Les rituels d’humiliation commencent alors, la sourde violence d’un face à face incertain entraîne les deux hommes vers un point de non retour.

Le fameux fantasme masculin du bandit ténébreux, pour qui deux sœurs sont prêtes à tout pour le sauver. Nonobstant, une amb iance délétère est imposée dès les première images avec l’exééxution d’un prisonnier, puis la violence sourde et malaisante dans une rivalité entre deux hommes et deux femmes, dans le viol imposé, dans les propos et les comportements des uns et des autres. Atmosphère lourde. Images maîtrisées comme à son habitude dans ses plans, dans ses cadrages et ses mouvbements perpétuels de la caméra et des protagonistes dans un ballet à donner le tournis. Sans doute, de ce que j’ai pu découvrir de l’œuvre de Miklós Jancsó de plus oppressant dont on perçoit son parti pris. Il démontre l'absurdité.

Dans la foulée de la Russie soviétique, après le coup d’État bolchévique d’octobre 1917, une éphémère république communiste, du 21 mars au 6 août 1919, la République des Conseils s’était imposée au pays fraîchement indépendant, sous l’autorité de Béla Kun, durant laquelle il ne perdra pas de temps en voulant imposer la dictature communiste, arrestations et exécutions des opposants, et ses volontés expansionnistes sur ses voisins frontaliers. Il sera pourtant assassiné en 1938 dans un Goulag elle sera chassée par les opposants avec le soutien des forces armées françaises et opposants. Une période sombre et meurtrière pour la pays qui allait durer des décennies.

Avec Mari Töröcsik, József Madaras et Zoltán Latinovits, Andrea Drahota, András Kozák, István Bujtor et Ida Siménfalvy, János Koltai, Sándor Siménfalvy, Kornélia Sallay et Mária Goór Nagy, János Görbe, László Szabó, Philippe Haudiquet, Ila Schütz et Mária Boga, Károly Eisler, Ferenc Kamarás, József Konrád et Miklós Köllõ, Zsolt Körtvélyessy, Sándor Szili, Sándor Vajó et Tibor Tallián.

Une grande partie de l’œuvre de Miklós Jancsó est disponible chez Clavis Films : Cantate (1963), Mon chemin (1965), Les sans-espoir (1966), Rouge et blanc (1967), Silence et cri (1968), Sirocco d’hiver (1969), Agnus dei (1971), Psaume rouge (1972), Pour Electre (1974), Le cœur du tyran (1981), La saison des monstres (1987).

Le film Silence et cri, distribué par Clavis Films, ainsi que Capuseen, Version restarée, disponible DVD, SVOD et VOD dans les meilleurs bacs et en ligne depuis le 31 mars 2016. Il est proposé en version originale hongroise sous-titrée. Dans les suppléments, Cinéastes de notre temps : Miklós Jancsó : documentaire de Jean-Louis Comolli (15 décembre 1969 © INA), Entretien avec Tamás Banovich, chef décorateur, Une histoire indienne - Indián történet (1961), court métrage de Miklós Jancsó, Miklós Jancsó au travail.

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