Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 août 2015 5 07 /08 /août /2015 10:29

Excellente comédie de Preston Sturges, réalisée en 1941 qui ironise et se moque gentiment des réalisateurs et des comédiens qui se prenaient beaucoup trop au sérieux, directement lié à son long conflit avec la Paramount, et face au décalage entre le Hollywood et les quidams, qui reste encore d’une extrême actualité.

Le réalisateur de comédies à succès John L. Sullivan, souhaite faire un film sérieux, montrant la réalité de la vie quotidienne d’un homme ordinaire, qui aurait pour titre O brother where art thou. Son patron lui fait remarquer que John n’a aucune connaissance de la misère. Piqué à vif, le jeune homme se déguise en clochard avec peu d’argent en poche, et part à l’aventure de la vie de miséreux. Chemin faisant, il fait la rencontre d’une belle jeune femme qui l’accompagne dans son odyssée pleine d’aventures et de rebondissements, et des révélations à la clé.

Excellemment bien écrit, avec des dialogues affutés, drôles et percutants, le récit est juste fabuleusement magnifique. Avec beaucoup de subtilité, sont révélés les écarts de vie et de mentalités entre les nantis et les moins bien lotis. Le récit nous embarque avec une causticité mordante, dans des univers aux antipodes d’une dualité extrême qui remet certains à leur place. Les protagonistes sont attachants, dans cette romance à étincelles joyeusement comique et tendre. Les surprises sont toujours inattendues et le final bien vu.

La réalisation est percutante, avec un rythme endiablé, qui jamais ne cède à la facilité ou baisse de régime. D’entrée de jeu, nous sommes balancés dans la rue et à la campagne, pour un voyage extraordinaire des gens ordinaires. Bien sûr, ça ne changera pas les mentalités, tant les frontières sont hermétiques, mais la description est mordante, l’humour ravageur, et la mise en scène parfaitement maitrisée. Un film que devrait regarder certain publicitaire à montre de luxe avant cinquante ans…

Les frères Joel et Ethan Coen ont rendus un vibrant hommage appuyé à Struges, en reprenant le titre du film de John L. Sullivan, avec Oh brother where art thou? pour leur adaptation très personnelle de L'Odyssée d’Homère, avec pour interprètes, George Clooney et John Goodman. Le personnage principal est en partie inspiré de l’acteur John Garfield, célèbre pour son caractère affirmé, qui fut sur liste noire pour refus de délation lors du maccarthysme.

Joel McCrea (La femme sans loi) avait également participé au script, en plus de ses talents d’acteur. La belle Veronica Lake (Tueur à gages), qui voulu tellement jouer dans ce film, avait dissimulé sa grossesse, mettant Sturges dans une terrible colère, est excellente et marquante. Robert Warwick (Le gentilhomme de la Louisiane) et William Demarest, ainsi que Franklin Pangborn, Porter Hall et Byron Foulger, ou encore Margaret Hayes (Les inconnus dans la ville) donnent le ton juste.

3 étoiles

Partager cet article

Repost 0
Published by bobmorane75 - dans Films
commenter cet article

commentaires