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23 août 2022 2 23 /08 /août /2022 08:37

Un grand merci à Gaumont pour m’avoir permis de découvrir cette dramatique sortie en 1956, réalisée par Georges Lacombe, sur le drame de la jalousie et ses conséquences.

Georges Marceau, chauffeur routier a un accident de camion où son assistant trouve la mort. Désormais impuissant, il épouse quand même l’élue de son cœur, la très belle Olivia et tous deux ouvrent un restaurant de routiers. Georges, maladivement jaloux, soupçonne sa femme de le tromper. Olivia lui est pourtant fidèle mais, exaspérée, elle finit par se réfugier chez le pompiste Pietri.

Un drame de la jalousie que l’actualité relate régulièrement en féminicides. En l’occurrence, un abruti de première que rien n’excuse dans sa jalousie et sa violence que la paranaoïa, pas même son impuissance. En l’occurrence encore, le plaisir dans l’amour est tellement sans limite que même impuissant peut se trouver pleinement la satisfaction réciproque. Un drame intimiste est donc évoqué par touches sensibles successives avec le harcèlement moral et sexuel sur la belle jeune femme comme il est insupportable du machisme des hommes qui se croient tout permis sur les femmes objets. J’ai beaucoup aimé l’excellence de l’interprétation de Brigitte Bardot, belle et sensuelle, est juste l’innocence amoureuse à fleur de peau.

Avec Brigitte Bardot et Raymond Pellegrin Roger Pigaut, Claude Romain et Jean Debucourt, Antonin Berval, Guy Piérauld et Lucien Hubert, Daniel Ceccaldi, Christine Gouze-Rénal et Joe Davray, Jacques Gauthier, Hennery et Jean-François Martial.

Le film La lumière d'en face, distribué par Gaumont, est disponible en Blu-ray dans les meilleurs bacs depuis le 6 juillet 2022. Il est proposé en version sous-titrée pour les sourds et malentendants. Dans les suppléments, Ménage à trois, présentation inédite du film par Didier Griselain, spécialiste du cinéma français 1930-1960 (2022), Bande-annonce.

3 étoiles

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19 avril 2022 2 19 /04 /avril /2022 17:58

Un grand merci à Les Mutins de Pangée pour m’avoir permis de découvrir ces documentaires et films réalisés entre 1954 et 1988 par René Vautier, pour une plongée dans une page sombre de notre histoire par le prisme du cinéaste anticolonialiste communiste, soixante ans après l’indépendance de l’Algérie.

Des maquis des indépendantistes algériens jusqu’à la création du Centre audiovisuel d’Alger et des ciné-Pops, l’Algérie a marqué à jamais la vie d’homme et de cinéaste de René Vautier qui est affectueusement considéré comme le « papa » du cinéma algérien. Ce coffret rassemble dix films dont l’un des plus puissants réalisés sur la guerre d’Algérie « Avoir 20 ans dans les Aurès » que les spectateurs pourront (re)découvrir dans une version admirablement restaurée.

 Avoir 20 ans dans les Aurès sorti en 1972.

Avril 1961, dans le massif de l'Aurès, un commando de chasse, formé d'appelés bretons, affronte un groupe de l'Armée de libération nationale. Blessé au cours d’un accrochage, instituteur dans le civil, le soldat se rappelle les événements qu'il a vécus avec ses camarades au cours des derniers mois.

Réalisé comme un film de fiction, il se base cependant sur des centaines d’entretiens et témoignages d’anciens d’Algérie relatant un groupe de bretons refusant de faire cette guerre, puis acceptent de constituer un commando « spécial », sauf un. Nous suivons le parcours de ce groupe de jeunes gens conditionnés à leur corps défendant piégés dans l'engrenage d'une guerre non voulue.

Avec Alexandre Arcady et Hamid Djellouli, Philippe Léotard, Jacques Canselier et Jean-Michel Ribes, Alain Scoff et Jean-Jacques Moreau, Michel Elias, Yves Branellec et Philippe Brizard, Charles Trétout, Pierre Vautier, Alain Vautier et Bernard Ramel.

Soixante ans après les accords d’Évian et l’indépendance de l’Algérie, ce coffret de films réalisés par Réné Vautier, restitue l’ambiance d’une époque de violences et de fractures, de haines, de mensonges et de manipulations en fonction des intérêts politiques du moment. Plus propagandiste que documentariste, militant communiste anticolonialiste toute sa vie durant, René Vautier a mis sa technique et ses convictions au service d’un discours politique partisan sans nuance sur les événements tragiques d'une guerre meurtrière, s’adressant à des convaincus à la cause.

Par ses films et ses commentaires, Vautier renforçait les partisans algériens et français anticolonialistes dans une juste réflexion. Ainsi, évoque t-il avec raison l’horreur du colonialisme, pour hélas subir depuis la dictature d’obédience islamiste corrompue de par son riche sous-sol pétrolifère et gazier. Un choix de quinze courts, moyens et longs métrages passionnants pour disséquer la technique narrative et du séquençage technique pour une vision cadrée.

Le coffret René Vautier Anticolonialiste (17 films + 1 livre), distribué par Les Mutins de Pangée, est disponible dans les meilleurs bacs depuis le 15 mars 2022. Le DVD est proposé dans un coffret de 14 films, 3 entretiens, 1 reportage, 1 portrait et 1 livret de 100 pages. Dans les suppléments, DVD 1 : Entretien avec René Vautier (2012), Afrique 50, avec présentation de René Vautier, Les anneaux d’or (1956), Algérie en flammes (1958), Peuple en marche (1963). DVD 2 : La caravelle (1970’), Techniquement si simple (1971), Avoir 20 ans dans les Aurès, Bande annonce de Avoir 20 ans dans les Aurès, Le remords (1975), René Vautier, l’indomptable de Jacques Royer (1996), Remise du collier de l’hermine (2000). DVD 3 : Déjà le sang de mai ensemençait novembre (1985), Guerre aux images en Algérie (1985), Entretien avec Pierre Clément (1998). DVD 4 : À propos de… l’autre détail (1988), Entretien avec Jacques Choukroun (2014), La loi du silence (2003), Le glas (1964), Frontline (1976).

3 étoiles

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2 février 2022 3 02 /02 /février /2022 08:53

Un grand merci à Carlotta pour m’avoir permis de découvrir ce fdocumentaire de Pascal-Alex Vincent, pour rendre un bel hommage au talentueux réaliseur de films animés marquants, hélas décédé trop tôt et trop jeune.

Le mangaka et cinéaste Satoshi Kon, considéré comme le Stanley Kubrick de l’animation, est mort brutalement en 2010, à l’âge de quarante six ans. Il laisse une œuvre courte et inachevée, qui est pourtant parmi les plus diffusées et les plus influentes de l’histoire de la culture japonaise contemporaine. Dix ans après sa disparition, ses proches et ses collaborateurs s’expriment enfin sur son travail, tandis que ses héritiers, au Japon, en France et à Hollywood, reviennent sur son legs artistique.

Un très bel hommage de Pascal-Alex Vincent pour ce réalisateur d’exception qui au travers de quatre films grandioses et d’une série a marqué le cinéma d’animation dont toute la profession fait chœur dans une série de témoignages. Je me souviens du choc émotionnel lorsque j’ai découvert Perfect blue, que le graphisme et l’animation mettent l’intrigue en exergue m’avait marqué en émotion, au point d’acquérir dans la foulée les sublimes Millennium actress, Tokyo Godfathers, Paprika plus innovant les uns que les autres et de la série Paranoia Agent.

Le domcumentiaire nous fait partager les émotions de ses amis collègues ou grands réalisateurs fan suru défunt Tout juste pourra t-on regretter l’absence d’images sur la conception et la réalisation des œuvres par réalisateur disparu.

Avec les témoignages de Darren Aronofsky et Marc Caro, Jérémy Clapin et Megumi Hayashibara, Mamoru Hosoda et Junko Iwao, Masao Maruyama et Masayuki Murai, Mamoru Oshii, Rodney Rothman et Aya Suzuki.

Le documentaire Satoshi Kon, l'illusionniste, distribué par Carlotta, est disponible dans les meilleurs bacs depuis le 18 janvier 2019 en DVD, Blu-ray et Édition Prestige limitée - Blu-ray + DVD + goodies et Blu-ray. Il est proposé en version originale sous-titrée français. Dans les suppléments, Satoshi Kon, l’interview inédite» par le journaliste Simon Abrams, lors de la rétrospective au Lincoln Center de New York en juin 2008, Maruyama et Kon, le dernier projet , après le film Dreaming Machine, Madhouse avait un autre projet pour Satoshi Kon. Précédé d’une introduction de Pascal-Alex Vincent, le producteur Masao Maruyama nous en parle , Megumi Hayashibara, la voix de Paprika, la plus célèbre doubleuse d’anime (de Hello Kitty à Ghibli) et de jeux vidéo, évoque son travail avec Satoshi Kon, Masashi Ando, de Hayao Miyazaki à Satoshi Kon, le réalisateur et character designer Masashi Ando, l’homme qui inventa Chihiro et Paprika, revient sur son travail au Studio Ghibli et à Madhouse,  Yasutaka Tsutsui, l’écrivain par qui tout est arrivé, à l’aube de ses 90 ans, le célèbre auteur de science-fiction évoque sa relation avec Satoshi Kon, Jérémy Clapin, un cinéma participatif, l’auteur de J’ai perdu mon corps revient sur l’importance de l’œuvre de Satoshi Kon.

2 étoiles

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8 juillet 2021 4 08 /07 /juillet /2021 10:12

Un très grand merci à Elephant Films pour m’avoir permis de découvrir cet excellent documentaire sorti en 2018, réalisé par Pamela B. Green, d'après le livre Alice Guy-Blaché, Lost Visionnary of the Cinema d’Alison Mcmahan, qui rend enfin hommage à la première réalisatrice dans l’histoire du cinéma.

Au début du XXème siècle, Alice Guy est une figure incontournable du cinéma : elle réalise le premier film de fiction, devient productrice chez Gaumont et directrice d’un studio aux Etats-Unis. Un siècle plus tard, son nom est presque effacé des mémoires. Be natural est une enquête de longue haleine sur cette invisibilisation, un documentaire visant la reconnaissance et la réhabilitation d’une pionnière. Pamela B.Green interroge des personnalités dont Geena Davis, Ava DuVernay, Michel Hazanavicius ou Agnès Varda au sein d’une investigation palpitante narrée par Jodie Foster et produite par Robert Redford.

Un très beau documentaire pour une enquête passionnante qui rend hommage à la femme pionnière du cinéma dès 1895. Époustouflant et merveilleux de parcourir la vie d’Alice Guy à travers ses entretiens, sur sa vie, sur son géni, son travail et son art en une époque où la femme n’avait aucun droit. Avec la voix superbe de Jodie Foster et sa maîtrise du français, cette enquête à travers le monde auprès de la descendance de la première réalisatrice, nous fait revivre les premières heures du cinéma. Sur une réalisation ténue aux images superbes souvent restaurées, les témoignages et analyses, la restitution d’une vie et d’une époque rend un vibrant hommage à cette femme d’exception « oubliée » en France par la profession et nos élus, quatre villes lui ont offert une rue, pas même sa ville natale.

En effet, une plongée dans les limbes de l’oublie, par il faut bien le dire, par le machisme ambiant. Une passionnée de photographie qui apprend les procédés de développement, va voir plus loin et de suite sur l’immensité des possibilité de cette nouvelle et grande invention qu’est le cinématographe, des photos animées qui donnent vie au mouvement. Et d’en faire autre chose que des courts métrages de sorties de train ou de scènes de rues, et d’ouvrir la magie à l’aventure de la création avec la première fiction du cinéma. La grande aventure qui plus d’un siècle plus tard nous fait toujours rêver. Alice Guy, fait tout. scénario, casting, décors, costumes, lumière, prises de vue, mise en scène, perfectionne les trucages, colorise les images, associe le son à l’image dès 1902, Elle réalise le premier Making of, le premier péplum du cinéma, féministe elle réalise des films engagés. Plus de trois cents cinquante films à son actif avec des mélodrames, des westerns,. des films sociétaux, ou encore le premier film afro-américain.

Avec cet excellent et passionnant documentaire sur une héroïne du septième Art, c’est aussi le lancement d’une nouvelle collection d’Elephant Films, avec Les sœurs Lumière, dans le but de promouvoir la place de la femme dans l’industrie du cinéma. En effet, à l’origine, si les frères Lumière sont les créateur du cinéma, appareil, pellicule et écrant, se sont les femmes qui ont créés le septième Art avec Alice Guy, mais aussi l’industrie du divertissement cinématographie d’Hollywood, d’abords à New York puis à Los Angeles où les femmes ont maîtrisés toute la chaîne de l’industrie de la conception à la production, de la réalisation à la distribution, jusqu’à la fin des années vingt que des migrants d’Europe de l’Est n’investissent après la crise de 1929, pour s’emparer du filon et expulser les femmes dans un machisme phallocrate arriéré qui perdure encore de nos jour, tant elles sont moins de 20% de réalisatrices ou de productrices, aux conséquences très lourdes sur les messages machistes dans les films masculins en fémInicide « naturel ». Un bel hommage et une restitution de la femme dans notre culture. Deux films commnce cette belle collection avec Honor among lovers et Merrily we go to hell.

Le documentaire Be natural : l'histoire cachée d'Alice Guy-Blaché, distribué par Elephant Films, issu de la collection Les sœurs Lumière, est disponible dans les meilleurs bacs depuis le 22 juin 2021 en DVD et Bluray. Il est proposé en version originale anglaise sous-titrée français, et en version française. Dans les suppléments, Le film par Véronique Le Bris (2021), Entretien avec Pamela B. Green (2021), Court métrage : La jeune femme et la caméra d’Élisa Manoha (2019), Entretien avec Élisa Monoha (2021), La collection Les sœurs Lumière : 4 bandes-annonces.

3 étoiles

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16 novembre 2020 1 16 /11 /novembre /2020 13:40

Un très grand merci à Les Mutins de Pangée pour m’avoir permis de découvrir ce     documentaire restauré, réalisé en 1980 par Nicole Le Garrec, sur la lutte contre l’implantation d’une centrale nucléaire.

Plogoff, février 1980. Toute une population refuse l’installation d’une centrale nucléaire à deux pas de la Pointe du Raz, en Bretagne. Six semaines de luttes quotidiennes menées par les femmes, les enfants, les pêcheurs, les paysans de cette terre finistérienne, désireux de conserver leur âme. Six semaines de drames et de joies, de violences et de tendresse : le témoignage d’une lutte devenue historique.

Un documentaire, sans commentaires, pris au vif de la lutte des habitants contre le projet de construction d’une centrale nucléaire sur le superbe site sauvage de ce petit coin de Bretagne. Après le premier choc pétrolier en 1973, la France décide de se doter de son indépendance énergétique avec le choix du tout nucléaire et un programme d’une cinquantaine de centrales, sur les deux cents prévues à travers toute la France. Un irréductible petit village breton décide de résister envers et contre tous et les forces de l’ordre.

Un combat de 1978 à 1981 qu’ils ne mèneront pas seuls sur une vision parcellaire partisane du combat, axée principalement sur les batailles rangées de « gardes mobiles », les CRS, dont se dégage une forme de nationalisme plus que d’écologie, sorte de résistance bretonne contre la France qui détonne et met mal à l’aise à travers les propos et les images. Pas ou peu d’historique du combat écologiste et politique alternatif, pourtant fondateur dans cette affaire qui vit l‘annulation du projet en 1981 avec la victoire de la gauche au pouvoir.

Entretien avec Nicole Le Garrec et Félix Le Garrec, réalisé en 2020. Le couple revient sur la réalisation de ce documentaire témoignage sur ces semaines à Plogoff et du combat de ces habitants. Leurs vies de couple, étroitement liées à leurs engagements et leurs carrières, passionnées et absolues. Avec les témoignages de leur fille Pascale Le Garrec, et de Jacques Bernard, Gilbert Le Traon, et Erwan Moalic.

La langue bretonne, réalisé en 1976, dans une forme de nostalgie d’un passé révolu d’une société bretonnante, de la place de la femme bigoudène. Avec ce documentaire, la réalisatrice relate la langue bretonne dans une fracture générationnelle, entre les vieux qui ne parlent que breton et les jeunes dont le patois ou la langue locale se trouvait en déliquescence. Difficile d’aborder cette thématique sans tomber dans le piège du nationalisme, dont il est un peu trop facile de mettre sur le dos de l’école de la République la disparition de la pratique du breton, quand la faute en incombe d’abord et avant tout aux bretons eux-mêmes dans un manque de transmission. C’est grâce à cette même école si le breton a été sauvé par les cours d’enseignement.

Mazouté aujourd’hui, réalisé en 1980, dont le titre s’inspire du slogan « mazoutés aujourd'hui, radioactifs demain ». Après la catastrophe de l'Amoco Cadiz en 1978 et ses 220 000 tonnes de pétrole déversées sur la côte, la Bretagne payait un autre sinistre avec la terrible marée noire du Tanio en mars 1980, cependant que se déroulait l'enquête publique de Plogoff. Un témoignage saissant sur les ressentis de la population et des images désolantes de la pollution.

Santik du, réalisé en 1979 à bord de ce bateau de pêche, un thonier de cinq membres d’équipages relatent leur métier. Une pêche traditionnelle et artisanal à l’ancienne, à la palangrotte, comme on n’en fait plus aujourd’hui avec les navires industriels qui vides les mers sans scrupule. Le patron pêcheur parle de son métier et de sa passion. Cependant, à voir ces thons magnifiques, on ne peut qu’avoir un haut le cœur de tant de barbarie face aux éviscérations à vif et de tant de souffrances animales, qu’ils en donnent envie de ne plus en consommer.

Avec les voix de Nicole Le Garrec et Daniel Yonnet.

Un très beau coffret qui met en exergue une réalisatrice et son mari, dans une défense de la culture bretonne, avec ses partis pris, ses passions et ses engagements, qui reflète une époque. Une vision du documentaire partisan et engagé, autant de l’image que du cadrage, du contenu comme du contenant, dans la force des images que des propos. Pas ou peu de restitution des sujets, donnés comme ils l’entendent à l’appréciation et l’émotion du spectateur engagé et convaincu dans une sorte de contre propagande politique, à l’image d’une époque d’après guerre, avant l’ère des médias et des réseaux sociaux d’Internet. Une belle vision de contre culture dans un foisonnement tout azimut d’alors, de nostalgie du passé, de lutte contre l’avenir et le progrès, sans alternative proposée sur une écologie mise à mal par la région a été durement touchée entre marées noires et cette centrale nucléaire évitée heureusement de justesse dont le pétrole rappelle douloureusement une conséquence de choix. Espérons que depuis, les sources d'énergie nonrefillable se sont imposées.

Le documentaire Plogoff, des pierres contre des fusils, distribué par Les Mutins de Pangée, est disponible en version vertauré en 2K en précommande. Le coffret est proposé en 2 DVD de 5 films dans un bel écrin accompagné d’un livret de 124 pages, Plogoff de Nicole Le Garrec.

2 étoiles

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14 septembre 2020 1 14 /09 /septembre /2020 16:05

Un très joli documentaire réalisé en 2014 par Michèle Massé, pour des entretiens avec deux couples lesbiens, français et espagnol, de femmes de soixante dix ans, pour relater leur vie, leur amour et leure désirs, avec beaucoup de tendresse et de pudeur.

À Madrid et à Paris, Boti, Empar, Micheline et Jocelyne, quatre septuagénaires lesbiennes, racontent leurs peurs, leurs désirs, et leurs différences. Actives ou activistes, curieuses, ouvertes aux autres et à la société elles refusent de se laisser mettre de côté à cause de leur âge.

Les fenêtres ouvertes sur un aspect peu évoqué sur les sentiments et les désirs.passé un certain âge. Pudique et sincère, drôle et émouvant, ce très beau documentaire aborde sans concession des femmes d’un certain âge, sur leurs amours et leur sexualité à travers leurs vies. Elles nous racontent leur révélation et leurs désirs leurs ressentis et leur bonheur d’assumer haut et fort leur homosexualité, en tout pudeur mais sans tabou. Attachantes et adorables, sensibles et pleine d’humour, elles deviennent vite nos amies, tant elles parlent avec beaucoup de douceur et de tendresse de leur orientation, de leur vie dans nos sociétés homophobes, et de leur amour.

Avec Boti García RodrigoMicheline Boussaingault et Jocelyne Pasqualini, Empar Pineda.

3 étoiles

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13 septembre 2020 7 13 /09 /septembre /2020 07:15

Passionnant documentaire sportif de Stéphanie Gillard (The ride), qui évoque durant la saison 2019 de l’équipe de football féminine de l’Olympique Lyonnais à travers le prisme des loueuses, leurs parcours, leurs talents en tant que joueuses mais aussi et surtout en tant que femmes, doublement méprisées, quand elles sont impressionnantes sur tous les plans.

Probablement la meilleure équipe de football féminin du monde, le documentaire suit sur la saison 2019, les joueuses de l’Olympique Lyonnais, les fenottes. En suivant leurs entraînements, nous découvrons leurs histoires et leurs personnalités, leurs parcours et l’historique du club, de l’équipe et des joueuses dans la passion et le professionnalisme. Des filles attachantes, des joueuses de talent, et un esprit conquérant, une ambiance et une famille unie à travers leur camaraderie et leur  force de gagneuses. Des têtes bien faites, des corps de sportives douées, des cœurs de femmes.

Un documentaire sportif féministe nécessaire face au machisme qui ne désarme décidément pas dans les médiats sportifs comme dans le sport, à la fédération comme dans le public masculin. Avec la coupe du monde de football féminin qui a eu lieu chez nous en 2019, dont la fédération n’a pas donné les moyens à nos bleues par manque de considération, malgré les stades pleins et les taux d’audiences records à la télévision, on aurait pu croire un instant, juste un seul instant que le pari était gagné de faire tomber le mépris sur les sportives, les footballeuses en l’occurrence. Pour le public, c’est gagné, qui vient plus nombreux dans les stades soutenir leur équipe et leurs joueuses. Pas pour les médias. Du mépris, elles en subissent malgré la qualité du spectacle qu’elles nous donnent, malgré leurs talents évidents, malgré les résultats fabuleux. Mais non.

La honte à la fédération de football français et à l’équipe de France masculine, qui, quelques jours avant que nos bleues entre en scène dans la coupe du monde, les ont chassés les footballeuses de Clairefontaine pour s’installer à leur place pour un minable match amical où les bleus ont fait pâle figure d’un mauvais match nul. Mépris. Les retransmissions télé n’ont lieu sur aucune chêne nationnale. Mépris. Les retransmissions, où c’est un commentateur qui monopolise la parole, pourtant ayant été sanctionné pour propos sexisites et homophobes, auprès d’une consœur en second. Est-ce que lors des matchs de l’équipe de France masculine, il y a une journaliste sur les deux ? Mépris. Si chaque jour, toutes les chaines de télé évoquent jusqu’à la moindre info même la plus insignifiante du football masculin à travers le monde, jamais aucune information n’est donnée sur le football féminin. Mépris. Flagrant mépris du journal sportif national qui met en première page le Tour de France qui va durer trois semaines, alors que Les fenottes venaient de remporter un cinquième trophée d’affilé de la ligue, son septième de son histoire. Il serait temps, que le mépris des femmes cesse.

Avec Lorena Azzaro, Selma Bacha, Sarah Bouhaddi, Lucy Bronze, Kadeisha Buchanan, Delphine Cascarino, Isobel Christiansen, Audrey Dupupet, Jessica Fishlock, Ada Hegerberg, Amandine Henry, Sole Jaimes, Eva Kouache, Saki Kumagai, Eugénie le Sommer, Amel Majri, Melvine Malard, Dzsenifer Marozsán, Griedge Mbock, Wendie Renard, Danielle Roux, Carolin Simon, Shanice van de Sanden et Lisa Weiß.

3 étoiles

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20 juillet 2020 1 20 /07 /juillet /2020 14:36

Un très grand merci à Les Mutins de Pangée pour m’avoir permis de découvrir cette très belle et passionnante trilogie de documentaires, et un long métrage, réalisé en 1979 par Gérard Guérin, qui donnait la parole à trois générations de paysannes lorà la suite de la campagne de protestation de extension militaire sur le plateau du Larzac .

Trois générations de paysannes du Larzac, de 1900 à 1980, relatent ce qui tissent leurs jours et parlent sans détour du mariage, de la famille, de la sexualité, de la religion, de l’éducation, de la guerre, du travail, de l’argent et de toutes les idées nouvelles apparues avec la lutte contre l’extension d’un camp militaire. Chacune parle avec une langue que l’on voit évoluer des plus âgées aux plus jeunes, et une émotion sincère.

Quand en 1971, le gouvernement d’alors décide de l'extension d'un camp militaire sur le causse du Larzac, un mouvement de protestation et de de désobéissance civile non-violente s’est engagée autour de 103 paysans locaux qui dura une décennie jusqu’en 1981, et qui se solda par l'abandon du projet sur décision de François Mitterrand, nouvellement élu Président de la République. Dans l’action, de nombreuses femmes paysannes, dont certaines seront incarcérée à la prison de Montpellier.

Gérard Guérin donne alors la parole à ce femmes de l’ombre dans cette trilogie documentaire. Une série en trois parties, Travail, Le dehors et le dedans, Le choix de la peine, Famille, Parents et enfants, Épouse et fermière, et Révolte, Si je sème du blé je ne récolte pas de l'avoine, la parole des femmes du Larzac, évoque avec émotion, humour et passion, la vie des femmes dans le monde paysan, de celles sans qui depuis des siècles, sans doute depuis que l’humanité à maîtrisé l’agriculture, rien ne pourrait être possible.

Elles sont à la maison à s’occuper des enfants et des finances, à la ferme pour s’occuper des bêtes et des terres comme les hommes. Ces femmes de l’ombre qui en font plus que les maris ont eu enfin l’occasion de raconter. Trois générations de paysannes, de celles dont on a eu besoin notamment en temps de guerre pour tout faire sans les hommes au front ou prisonniers de guerre, sans aucune reconnaissance, pas même des droits de vote ou de parité avant 1945. Il faudra attendre 1999 pour qu’enfin les femmes d’agriculteurs touche une retraite auquel elles n’avaient pas droit, bien qu’aujourd’hui encore, elle est tellement basse voir quasi insignifiante qu’elle est deux fois et demi plus faible que la plus basse retraite tout confondu en France.

Un documentaire passionnant de par la parole libérée de ces femmes, et terriblement émouvant de par leurs vies et ressentis, avec la justesse de leurs réflexions, de celles trop souvent et trop longtemps méprisées, quand elles font preuves d’intelligence et de bon sens face aux guerres, à la religion, et à leur statut. Loin de l’image des Dominici. Une vie belle et magnifique, avec ses duretés des caprices du temps et des hommes. Le travail des enfants souvent à huit ans, été comme hiver, dans les champs et à la ferme, de la terre aux animaux, durant toute une vie de passion et d’amour de la terre. Les femmes nous révèlent leur vie sans tabou, entre la gestion des finances et des enfants, de la maison à tenir, du linge et des vaisselles, des repas et du mari à épauler en toutes circonstances. C’est des vies de vingt quatre heures par jour toute l’année de toute la vie sans repos ni vacances, sans reconnaissance ni droits.

J’ai été ému et sensibilisé par leur propos et leurs pensées, par leurs vécus et leurs ressentis, par leurs passions, et par la justesse de leurs positions sensées. Une grande leçon d’humanité toujours d’actualité, qui mériterait de la part de Gérard Guérin, de revenir au Larzac quarante ans plus tard et de continuer avec la quatrième et cinquième génération, les filles et petites filles, sur les pesticides, la mondialisation, les politiques agricoles communes intrusives et destructrices, polluantes et empoisonnantes, sur la biodiversité, le dérèglement climatique et l’agriculture biologique, afin de connaitre sur les changements que ressentent ces paysannes modernes. On a envie d’en savoir plus depuis sur ces femmes si attachantes.

En plus de la

trilogie, il est proposé Guerres de femmes, est une version long métrage de la collection Paysannes, réalisé en 1980, centré sur la lutte des paysannes du Larzac contre l’extension du camp militaire, et sur leur prise de conscience en faveur de la non-violence. Les témoignages montrent comment la lutte pour défendre le Larzac a été le révélateur de certains problèmes, une remise en question de valeurs traditionnelles, mais aussi un enrichissement et un dépassement de soi.

Le documentaire Paysannes, distribué par Les Mutins de Pangée, est disponible dans les meilleurs bacs depuis le 2 mai 2019. Le coffret est proposé en 3 DVD dans un bel écrin accompagné d’un livret de 104 pages. Dans les suppléments, Paysannes + 40, Gérard Guérin revient sur la fabrication des films 40 ans après en compagnie de Gérard Mordillat.

3 étoiles

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19 mai 2020 2 19 /05 /mai /2020 18:01

Un passionnant documentaire américain réalisé par Chris Bolan, entre émotions et colères, passions et déceptions, sur une longue et belle histoire d’amour entre deux femmes qui ont traversées soixante quinze ans d’amour dans le secret de polichinelle à louvoyer et éviter les répressions homophobes pour se terminer tristement dans la maltraitance sur personnes âgées.

Dans la fin des années quarante, la canadienne Terry Donahue, joueuse professionnelle de base ball fait la rencontre de Pat Henschel, et c’est le début d’une belle et longue histoire d’amour qui va durer toute leur vie. Elles vont vivre passionnément cachées, travaillant, voyageant, s’aimant en se faisant passer pour deux cousines dans un Boston marriage, évitant toutes les lois répressives homophobes d’une rare violence fasciste. Pour leur nièce Diana Bolan, elles sont Tatie Pat et tatie Terry, quand elles découvrent que les deux vieillies et charmantes dames sont un couple de lesbiennes. Dès lors, plus rien ne va compter pour les ramener au Canada dans un Ehpad sous le prétexte de bien être de Terry, atteinte de la maladie de Parkinson. Elles sont contraintes et forcées de vendre leur maison et de s’expatrier au plus près de leur nièce. Un mariage vient couronner leur longue histoire d’amour, avant la mort.

Un documentaire particulièrement malaisé, dont on ne sait comment le prendre tant il est émouvant de par cette belle histoire d’amour entre deux femmes qui ont su déjouer les lois et les violences répressives pour une belle vie amoureuse et heureuse, et cette stupide nièce qui a mis cinquante ans avant de comprendre enfin que ces deux gentilles tantes étaient lesbiennes –à croire qu’elle avait de merde dans les yeux, qui va se mêler de leur vie avec une dictature destructrice pire que les homophobes dans une pseudo rivalité pathétique d’aimer plus sa tante que sa compagne et de mieux s’en occuper en les internant dans un asile sordide. Terry et Pat, qui avaient vécues jusque là tranquilles plus de soixante quinze ans sans besoin d’aide, et pouvaient se payer une aide à domicile, se sont vues forcées de vendre leur maison et jeter la plupart de leurs souvenirs, pour se retrouver enfermées dans mouroir sous le fallacieux prétexte de raison de santé.

Une triste fin devant cette pourriture de nièce et son fils le réalisateur, qui s’impose, ordonne, dirige et terrorise deux vieilles dames qui ne demandaient rien. Une maltraitance en directe sans réaction du réalisateur complice. Plus que de relater une vie amoureuse, plus de de dénoncer le sort de la communauté LGBT+ durant ce siècle aux lois homophobes, le documentaire révèle la tyrannie d’une mégère odieuse en rivalité ridicule qui aurait mieux fait de se mêler de son cul que de celui de ses tantes. La maladie de Terry sans traitement ni guérison possible, n’avait aucune chance de survit, pour détruire la fin de vie de ces femmes infantilisées, qui auraient pu finir leurs jours tranquillement dans leur maison auprès de leurs amis, que de cette odieuse nièce tortionnaire. Terry décédée, Pat doit attendre sa fin seule dans sa triste chambre pour rejoindre son amour.

Avec Terry Donahue et Pat Henschel, l’effroyable Diana Bolan, Kim Donahue, Tammy Donahue et Jack Xagas et John Byrd, John Sorenson et Yvonne Zipter, Marge Summit et Tracy Baim, Barbara Gittings et Jeff Samburg.

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10 mars 2020 2 10 /03 /mars /2020 10:42

Merci à KMBO pour m’avoir permis de découvrir ce très émouvant docu-reportage syrien réalisé en 2019 par Waad Al-Kateab et Edward Watts, pour un témoignage éprouvant du martyre des habitants de la ville d’Alep entre 2012 et la révolution pacifique syrienne jusqu’en 2016 et la destruction de la ville écrasée sous les bombes russes et le massacre de sa population.

En 2012, la jeune étudiante Waad Al-Kateab, participe avec la population syrienne aux manifestations pacifiques dans sa ville d’Alep, qui revendique la démocratie et la liberté d’expression, dans ce qui va s’appeler la révolution syrienne. Consciente d’ »assister à un moment historique important dan son pays et dans sa vie, elle commence à filmer avec son téléphone le quotidien qui va virer vers le cauchemar absolu. Des centaines de manifestants récemment arrêtés sont retrouvés assassinés après tortures par la police politique.

L’horreur ne cesse alors de repousser les limites de l’indicible avec les massacres de civile, l’utilisation de gaz meurtriers et des bombardements massif par l’aviation russe alliés du dictateur génocidaire de son peuple. Jour après jours, Waad filme le quotidien de son fiancé puis époux Hamza, chirurgien dans un hôpital vite la cible des bombes russes où affluent des hommes des femmes et de nombreux enfants, blessés, mutilés et surtout assassinés. La naissance de sa fille Sama, est le sens de l’innommable de ce que subissent les enfants, à qui elle dédie ce documentaire à l’attention du monde entier qui regarde, no pas impuissant, mais complice dans une non assistance à peuple en danger dans des crimes contre l’humanité.

Terrible témoignage du siège d’Alep comme de toutes les villes de Syrie, et du massacre effroyable de la population civile par les forces syriennes et surtout russes, sous le regard impavide de la communauté internationale, sinon complice, pour le moins indifférente, qui s’est juste offusqué de l’afflue massif de migrants sur son territoire. Où est passé les droits d’ingérence qui avait mis fin à la guerre en Yougoslavie ? N’y a-t-il pas non assistance à peuple en danger ?

Avec ce reportage à l’attention de la petite Sama, et donc au monde entier, c’est l’horreur qui s’étale sous nos yeux. La violence à l’état brute comme jamais les JT ne l’ont montrées. Axée dans la lutte et la destruction contre Daesh qui en effet a pris le relais de la résistance syrienne, nos dirigeants ont laissés, et laissent encore faire les bombardements par l’aviation nazie russe sur des hommes, des femmes et des enfants jusqu’à détruire une ville à 90% et tuer des centaines de milliers des habitants de la ville d’Alep.

Et par millions le reste du pays au même sort. Sur des images abominables, qui nous prend aux tripes à en pleurer devant ces victimes, au premier chef les enfants. Et dire que cela continue à l’heure présente. Et dire que nos gouvernants continus de serrer les mains de Poutine et de ses complices, et dire que nous ne faisons toujours rien, pas même envoyer des missiles sol air pour détruire l’avion soviétique.

Le documentaire Pour Sama, distribué par KMBO et sa page Facebook, est disponible depuis le 3 mars 2020 en DVD. Il est proposé en version originale sous-titrée français. Dans les suppléments, un entretien avec Waad al-Kateab et Edward Watts.

3 étoiles

 

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