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8 juillet 2021 4 08 /07 /juillet /2021 10:12

Un très grand merci à Elephant Films pour m’avoir permis de découvrir cet excellent documentaire sorti en 2018, réalisé par Pamela B. Green, d'après le livre Alice Guy-Blaché, Lost Visionnary of the Cinema d’Alison Mcmahan, qui rend enfin hommage à la première réalisatrice dans l’histoire du cinéma.

Au début du XXème siècle, Alice Guy est une figure incontournable du cinéma : elle réalise le premier film de fiction, devient productrice chez Gaumont et directrice d’un studio aux Etats-Unis. Un siècle plus tard, son nom est presque effacé des mémoires. Be natural est une enquête de longue haleine sur cette invisibilisation, un documentaire visant la reconnaissance et la réhabilitation d’une pionnière. Pamela B.Green interroge des personnalités dont Geena Davis, Ava DuVernay, Michel Hazanavicius ou Agnès Varda au sein d’une investigation palpitante narrée par Jodie Foster et produite par Robert Redford.

Un très beau documentaire pour une enquête passionnante qui rend hommage à la femme pionnière du cinéma dès 1895. Époustouflant et merveilleux de parcourir la vie d’Alice Guy à travers ses entretiens, sur sa vie, sur son géni, son travail et son art en une époque où la femme n’avait aucun droit. Avec la voix superbe de Jodie Foster et sa maîtrise du français, cette enquête à travers le monde auprès de la descendance de la première réalisatrice, nous fait revivre les premières heures du cinéma. Sur une réalisation ténue aux images superbes souvent restaurées, les témoignages et analyses, la restitution d’une vie et d’une époque rend un vibrant hommage à cette femme d’exception « oubliée » en France par la profession et nos élus, quatre villes lui ont offert une rue, pas même sa ville natale.

En effet, une plongée dans les limbes de l’oublie, par il faut bien le dire, par le machisme ambiant. Une passionnée de photographie qui apprend les procédés de développement, va voir plus loin et de suite sur l’immensité des possibilité de cette nouvelle et grande invention qu’est le cinématographe, des photos animées qui donnent vie au mouvement. Et d’en faire autre chose que des courts métrages de sorties de train ou de scènes de rues, et d’ouvrir la magie à l’aventure de la création avec la première fiction du cinéma. La grande aventure qui plus d’un siècle plus tard nous fait toujours rêver. Alice Guy, fait tout. scénario, casting, décors, costumes, lumière, prises de vue, mise en scène, perfectionne les trucages, colorise les images, associe le son à l’image dès 1902, Elle réalise le premier Making of, le premier péplum du cinéma, féministe elle réalise des films engagés. Plus de trois cents cinquante films à son actif avec des mélodrames, des westerns,. des films sociétaux, ou encore le premier film afro-américain.

Avec cet excellent et passionnant documentaire sur une héroïne du septième Art, c’est aussi le lancement d’une nouvelle collection d’Elephant Films, avec Les sœurs Lumière, dans le but de promouvoir la place de la femme dans l’industrie du cinéma. En effet, à l’origine, si les frères Lumière sont les créateur du cinéma, appareil, pellicule et écrant, se sont les femmes qui ont créés le septième Art avec Alice Guy, mais aussi l’industrie du divertissement cinématographie d’Hollywood, d’abords à New York puis à Los Angeles où les femmes ont maîtrisés toute la chaîne de l’industrie de la conception à la production, de la réalisation à la distribution, jusqu’à la fin des années vingt que des migrants d’Europe de l’Est n’investissent après la crise de 1929, pour s’emparer du filon et expulser les femmes dans un machisme phallocrate arriéré qui perdure encore de nos jour, tant elles sont moins de 20% de réalisatrices ou de productrices, aux conséquences très lourdes sur les messages machistes dans les films masculins en fémInicide « naturel ». Un bel hommage et une restitution de la femme dans notre culture. Deux films commnce cette belle collection avec Honor among lovers et Merrily we go to hell.

Le documentaire Be natural : l'histoire cachée d'Alice Guy-Blaché, distribué par Elephant Films, issu de la collection Les sœurs Lumière, est disponible dans les meilleurs bacs depuis le 22 juin 2021 en DVD et Bluray. Il est proposé en version originale anglaise sous-titrée français, et en version française. Dans les suppléments, Le film par Véronique Le Bris (2021), Entretien avec Pamela B. Green (2021), Court métrage : La jeune femme et la caméra d’Élisa Manoha (2019), Entretien avec Élisa Monoha (2021), La collection Les sœurs Lumière : 4 bandes-annonces.

3 étoiles

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16 novembre 2020 1 16 /11 /novembre /2020 13:40

Un très grand merci à Les Mutins de Pangée pour m’avoir permis de découvrir ce     documentaire restauré, réalisé en 1980 par Nicole Le Garrec, sur la lutte contre l’implantation d’une centrale nucléaire.

Plogoff, février 1980. Toute une population refuse l’installation d’une centrale nucléaire à deux pas de la Pointe du Raz, en Bretagne. Six semaines de luttes quotidiennes menées par les femmes, les enfants, les pêcheurs, les paysans de cette terre finistérienne, désireux de conserver leur âme. Six semaines de drames et de joies, de violences et de tendresse : le témoignage d’une lutte devenue historique.

Un documentaire, sans commentaires, pris au vif de la lutte des habitants contre le projet de construction d’une centrale nucléaire sur le superbe site sauvage de ce petit coin de Bretagne. Après le premier choc pétrolier en 1973, la France décide de se doter de son indépendance énergétique avec le choix du tout nucléaire et un programme d’une cinquantaine de centrales, sur les deux cents prévues à travers toute la France. Un irréductible petit village breton décide de résister envers et contre tous et les forces de l’ordre.

Un combat de 1978 à 1981 qu’ils ne mèneront pas seuls sur une vision parcellaire partisane du combat, axée principalement sur les batailles rangées de « gardes mobiles », les CRS, dont se dégage une forme de nationalisme plus que d’écologie, sorte de résistance bretonne contre la France qui détonne et met mal à l’aise à travers les propos et les images. Pas ou peu d’historique du combat écologiste et politique alternatif, pourtant fondateur dans cette affaire qui vit l‘annulation du projet en 1981 avec la victoire de la gauche au pouvoir.

Entretien avec Nicole Le Garrec et Félix Le Garrec, réalisé en 2020. Le couple revient sur la réalisation de ce documentaire témoignage sur ces semaines à Plogoff et du combat de ces habitants. Leurs vies de couple, étroitement liées à leurs engagements et leurs carrières, passionnées et absolues. Avec les témoignages de leur fille Pascale Le Garrec, et de Jacques Bernard, Gilbert Le Traon, et Erwan Moalic.

La langue bretonne, réalisé en 1976, dans une forme de nostalgie d’un passé révolu d’une société bretonnante, de la place de la femme bigoudène. Avec ce documentaire, la réalisatrice relate la langue bretonne dans une fracture générationnelle, entre les vieux qui ne parlent que breton et les jeunes dont le patois ou la langue locale se trouvait en déliquescence. Difficile d’aborder cette thématique sans tomber dans le piège du nationalisme, dont il est un peu trop facile de mettre sur le dos de l’école de la République la disparition de la pratique du breton, quand la faute en incombe d’abord et avant tout aux bretons eux-mêmes dans un manque de transmission. C’est grâce à cette même école si le breton a été sauvé par les cours d’enseignement.

Mazouté aujourd’hui, réalisé en 1980, dont le titre s’inspire du slogan « mazoutés aujourd'hui, radioactifs demain ». Après la catastrophe de l'Amoco Cadiz en 1978 et ses 220 000 tonnes de pétrole déversées sur la côte, la Bretagne payait un autre sinistre avec la terrible marée noire du Tanio en mars 1980, cependant que se déroulait l'enquête publique de Plogoff. Un témoignage saissant sur les ressentis de la population et des images désolantes de la pollution.

Santik du, réalisé en 1979 à bord de ce bateau de pêche, un thonier de cinq membres d’équipages relatent leur métier. Une pêche traditionnelle et artisanal à l’ancienne, à la palangrotte, comme on n’en fait plus aujourd’hui avec les navires industriels qui vides les mers sans scrupule. Le patron pêcheur parle de son métier et de sa passion. Cependant, à voir ces thons magnifiques, on ne peut qu’avoir un haut le cœur de tant de barbarie face aux éviscérations à vif et de tant de souffrances animales, qu’ils en donnent envie de ne plus en consommer.

Avec les voix de Nicole Le Garrec et Daniel Yonnet.

Un très beau coffret qui met en exergue une réalisatrice et son mari, dans une défense de la culture bretonne, avec ses partis pris, ses passions et ses engagements, qui reflète une époque. Une vision du documentaire partisan et engagé, autant de l’image que du cadrage, du contenu comme du contenant, dans la force des images que des propos. Pas ou peu de restitution des sujets, donnés comme ils l’entendent à l’appréciation et l’émotion du spectateur engagé et convaincu dans une sorte de contre propagande politique, à l’image d’une époque d’après guerre, avant l’ère des médias et des réseaux sociaux d’Internet. Une belle vision de contre culture dans un foisonnement tout azimut d’alors, de nostalgie du passé, de lutte contre l’avenir et le progrès, sans alternative proposée sur une écologie mise à mal par la région a été durement touchée entre marées noires et cette centrale nucléaire évitée heureusement de justesse dont le pétrole rappelle douloureusement une conséquence de choix. Espérons que depuis, les sources d'énergie nonrefillable se sont imposées.

Le documentaire Plogoff, des pierres contre des fusils, distribué par Les Mutins de Pangée, est disponible en version vertauré en 2K en précommande. Le coffret est proposé en 2 DVD de 5 films dans un bel écrin accompagné d’un livret de 124 pages, Plogoff de Nicole Le Garrec.

2 étoiles

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14 septembre 2020 1 14 /09 /septembre /2020 16:05

Un très joli documentaire réalisé en 2014 par Michèle Massé, pour des entretiens avec deux couples lesbiens, français et espagnol, de femmes de soixante dix ans, pour relater leur vie, leur amour et leure désirs, avec beaucoup de tendresse et de pudeur.

À Madrid et à Paris, Boti, Empar, Micheline et Jocelyne, quatre septuagénaires lesbiennes, racontent leurs peurs, leurs désirs, et leurs différences. Actives ou activistes, curieuses, ouvertes aux autres et à la société elles refusent de se laisser mettre de côté à cause de leur âge.

Les fenêtres ouvertes sur un aspect peu évoqué sur les sentiments et les désirs.passé un certain âge. Pudique et sincère, drôle et émouvant, ce très beau documentaire aborde sans concession des femmes d’un certain âge, sur leurs amours et leur sexualité à travers leurs vies. Elles nous racontent leur révélation et leurs désirs leurs ressentis et leur bonheur d’assumer haut et fort leur homosexualité, en tout pudeur mais sans tabou. Attachantes et adorables, sensibles et pleine d’humour, elles deviennent vite nos amies, tant elles parlent avec beaucoup de douceur et de tendresse de leur orientation, de leur vie dans nos sociétés homophobes, et de leur amour.

Avec Boti García RodrigoMicheline Boussaingault et Jocelyne Pasqualini, Empar Pineda.

3 étoiles

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13 septembre 2020 7 13 /09 /septembre /2020 07:15

Passionnant documentaire sportif de Stéphanie Gillard (The ride), qui évoque durant la saison 2019 de l’équipe de football féminine de l’Olympique Lyonnais à travers le prisme des loueuses, leurs parcours, leurs talents en tant que joueuses mais aussi et surtout en tant que femmes, doublement méprisées, quand elles sont impressionnantes sur tous les plans.

Probablement la meilleure équipe de football féminin du monde, le documentaire suit sur la saison 2019, les joueuses de l’Olympique Lyonnais, les fenottes. En suivant leurs entraînements, nous découvrons leurs histoires et leurs personnalités, leurs parcours et l’historique du club, de l’équipe et des joueuses dans la passion et le professionnalisme. Des filles attachantes, des joueuses de talent, et un esprit conquérant, une ambiance et une famille unie à travers leur camaraderie et leur  force de gagneuses. Des têtes bien faites, des corps de sportives douées, des cœurs de femmes.

Un documentaire sportif féministe nécessaire face au machisme qui ne désarme décidément pas dans les médiats sportifs comme dans le sport, à la fédération comme dans le public masculin. Avec la coupe du monde de football féminin qui a eu lieu chez nous en 2019, dont la fédération n’a pas donné les moyens à nos bleues par manque de considération, malgré les stades pleins et les taux d’audiences records à la télévision, on aurait pu croire un instant, juste un seul instant que le pari était gagné de faire tomber le mépris sur les sportives, les footballeuses en l’occurrence. Pour le public, c’est gagné, qui vient plus nombreux dans les stades soutenir leur équipe et leurs joueuses. Pas pour les médias. Du mépris, elles en subissent malgré la qualité du spectacle qu’elles nous donnent, malgré leurs talents évidents, malgré les résultats fabuleux. Mais non.

La honte à la fédération de football français et à l’équipe de France masculine, qui, quelques jours avant que nos bleues entre en scène dans la coupe du monde, les ont chassés les footballeuses de Clairefontaine pour s’installer à leur place pour un minable match amical où les bleus ont fait pâle figure d’un mauvais match nul. Mépris. Les retransmissions télé n’ont lieu sur aucune chêne nationnale. Mépris. Les retransmissions, où c’est un commentateur qui monopolise la parole, pourtant ayant été sanctionné pour propos sexisites et homophobes, auprès d’une consœur en second. Est-ce que lors des matchs de l’équipe de France masculine, il y a une journaliste sur les deux ? Mépris. Si chaque jour, toutes les chaines de télé évoquent jusqu’à la moindre info même la plus insignifiante du football masculin à travers le monde, jamais aucune information n’est donnée sur le football féminin. Mépris. Flagrant mépris du journal sportif national qui met en première page le Tour de France qui va durer trois semaines, alors que Les fenottes venaient de remporter un cinquième trophée d’affilé de la ligue, son septième de son histoire. Il serait temps, que le mépris des femmes cesse.

Avec Lorena Azzaro, Selma Bacha, Sarah Bouhaddi, Lucy Bronze, Kadeisha Buchanan, Delphine Cascarino, Isobel Christiansen, Audrey Dupupet, Jessica Fishlock, Ada Hegerberg, Amandine Henry, Sole Jaimes, Eva Kouache, Saki Kumagai, Eugénie le Sommer, Amel Majri, Melvine Malard, Dzsenifer Marozsán, Griedge Mbock, Wendie Renard, Danielle Roux, Carolin Simon, Shanice van de Sanden et Lisa Weiß.

3 étoiles

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20 juillet 2020 1 20 /07 /juillet /2020 14:36

Un très grand merci à Les Mutins de Pangée pour m’avoir permis de découvrir cette très belle et passionnante trilogie de documentaires, et un long métrage, réalisé en 1979 par Gérard Guérin, qui donnait la parole à trois générations de paysannes lorà la suite de la campagne de protestation de extension militaire sur le plateau du Larzac .

Trois générations de paysannes du Larzac, de 1900 à 1980, relatent ce qui tissent leurs jours et parlent sans détour du mariage, de la famille, de la sexualité, de la religion, de l’éducation, de la guerre, du travail, de l’argent et de toutes les idées nouvelles apparues avec la lutte contre l’extension d’un camp militaire. Chacune parle avec une langue que l’on voit évoluer des plus âgées aux plus jeunes, et une émotion sincère.

Quand en 1971, le gouvernement d’alors décide de l'extension d'un camp militaire sur le causse du Larzac, un mouvement de protestation et de de désobéissance civile non-violente s’est engagée autour de 103 paysans locaux qui dura une décennie jusqu’en 1981, et qui se solda par l'abandon du projet sur décision de François Mitterrand, nouvellement élu Président de la République. Dans l’action, de nombreuses femmes paysannes, dont certaines seront incarcérée à la prison de Montpellier.

Gérard Guérin donne alors la parole à ce femmes de l’ombre dans cette trilogie documentaire. Une série en trois parties, Travail, Le dehors et le dedans, Le choix de la peine, Famille, Parents et enfants, Épouse et fermière, et Révolte, Si je sème du blé je ne récolte pas de l'avoine, la parole des femmes du Larzac, évoque avec émotion, humour et passion, la vie des femmes dans le monde paysan, de celles sans qui depuis des siècles, sans doute depuis que l’humanité à maîtrisé l’agriculture, rien ne pourrait être possible.

Elles sont à la maison à s’occuper des enfants et des finances, à la ferme pour s’occuper des bêtes et des terres comme les hommes. Ces femmes de l’ombre qui en font plus que les maris ont eu enfin l’occasion de raconter. Trois générations de paysannes, de celles dont on a eu besoin notamment en temps de guerre pour tout faire sans les hommes au front ou prisonniers de guerre, sans aucune reconnaissance, pas même des droits de vote ou de parité avant 1945. Il faudra attendre 1999 pour qu’enfin les femmes d’agriculteurs touche une retraite auquel elles n’avaient pas droit, bien qu’aujourd’hui encore, elle est tellement basse voir quasi insignifiante qu’elle est deux fois et demi plus faible que la plus basse retraite tout confondu en France.

Un documentaire passionnant de par la parole libérée de ces femmes, et terriblement émouvant de par leurs vies et ressentis, avec la justesse de leurs réflexions, de celles trop souvent et trop longtemps méprisées, quand elles font preuves d’intelligence et de bon sens face aux guerres, à la religion, et à leur statut. Loin de l’image des Dominici. Une vie belle et magnifique, avec ses duretés des caprices du temps et des hommes. Le travail des enfants souvent à huit ans, été comme hiver, dans les champs et à la ferme, de la terre aux animaux, durant toute une vie de passion et d’amour de la terre. Les femmes nous révèlent leur vie sans tabou, entre la gestion des finances et des enfants, de la maison à tenir, du linge et des vaisselles, des repas et du mari à épauler en toutes circonstances. C’est des vies de vingt quatre heures par jour toute l’année de toute la vie sans repos ni vacances, sans reconnaissance ni droits.

J’ai été ému et sensibilisé par leur propos et leurs pensées, par leurs vécus et leurs ressentis, par leurs passions, et par la justesse de leurs positions sensées. Une grande leçon d’humanité toujours d’actualité, qui mériterait de la part de Gérard Guérin, de revenir au Larzac quarante ans plus tard et de continuer avec la quatrième et cinquième génération, les filles et petites filles, sur les pesticides, la mondialisation, les politiques agricoles communes intrusives et destructrices, polluantes et empoisonnantes, sur la biodiversité, le dérèglement climatique et l’agriculture biologique, afin de connaitre sur les changements que ressentent ces paysannes modernes. On a envie d’en savoir plus depuis sur ces femmes si attachantes.

En plus de la

trilogie, il est proposé Guerres de femmes, est une version long métrage de la collection Paysannes, réalisé en 1980, centré sur la lutte des paysannes du Larzac contre l’extension du camp militaire, et sur leur prise de conscience en faveur de la non-violence. Les témoignages montrent comment la lutte pour défendre le Larzac a été le révélateur de certains problèmes, une remise en question de valeurs traditionnelles, mais aussi un enrichissement et un dépassement de soi.

Le documentaire Paysannes, distribué par Les Mutins de Pangée, est disponible dans les meilleurs bacs depuis le 2 mai 2019. Le coffret est proposé en 3 DVD dans un bel écrin accompagné d’un livret de 104 pages. Dans les suppléments, Paysannes + 40, Gérard Guérin revient sur la fabrication des films 40 ans après en compagnie de Gérard Mordillat.

3 étoiles

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19 mai 2020 2 19 /05 /mai /2020 18:01

Un passionnant documentaire américain réalisé par Chris Bolan, entre émotions et colères, passions et déceptions, sur une longue et belle histoire d’amour entre deux femmes qui ont traversées soixante quinze ans d’amour dans le secret de polichinelle à louvoyer et éviter les répressions homophobes pour se terminer tristement dans la maltraitance sur personnes âgées.

Dans la fin des années quarante, la canadienne Terry Donahue, joueuse professionnelle de base ball fait la rencontre de Pat Henschel, et c’est le début d’une belle et longue histoire d’amour qui va durer toute leur vie. Elles vont vivre passionnément cachées, travaillant, voyageant, s’aimant en se faisant passer pour deux cousines dans un Boston marriage, évitant toutes les lois répressives homophobes d’une rare violence fasciste. Pour leur nièce Diana Bolan, elles sont Tatie Pat et tatie Terry, quand elles découvrent que les deux vieillies et charmantes dames sont un couple de lesbiennes. Dès lors, plus rien ne va compter pour les ramener au Canada dans un Ehpad sous le prétexte de bien être de Terry, atteinte de la maladie de Parkinson. Elles sont contraintes et forcées de vendre leur maison et de s’expatrier au plus près de leur nièce. Un mariage vient couronner leur longue histoire d’amour, avant la mort.

Un documentaire particulièrement malaisé, dont on ne sait comment le prendre tant il est émouvant de par cette belle histoire d’amour entre deux femmes qui ont su déjouer les lois et les violences répressives pour une belle vie amoureuse et heureuse, et cette stupide nièce qui a mis cinquante ans avant de comprendre enfin que ces deux gentilles tantes étaient lesbiennes –à croire qu’elle avait de merde dans les yeux, qui va se mêler de leur vie avec une dictature destructrice pire que les homophobes dans une pseudo rivalité pathétique d’aimer plus sa tante que sa compagne et de mieux s’en occuper en les internant dans un asile sordide. Terry et Pat, qui avaient vécues jusque là tranquilles plus de soixante quinze ans sans besoin d’aide, et pouvaient se payer une aide à domicile, se sont vues forcées de vendre leur maison et jeter la plupart de leurs souvenirs, pour se retrouver enfermées dans mouroir sous le fallacieux prétexte de raison de santé.

Une triste fin devant cette pourriture de nièce et son fils le réalisateur, qui s’impose, ordonne, dirige et terrorise deux vieilles dames qui ne demandaient rien. Une maltraitance en directe sans réaction du réalisateur complice. Plus que de relater une vie amoureuse, plus de de dénoncer le sort de la communauté LGBT+ durant ce siècle aux lois homophobes, le documentaire révèle la tyrannie d’une mégère odieuse en rivalité ridicule qui aurait mieux fait de se mêler de son cul que de celui de ses tantes. La maladie de Terry sans traitement ni guérison possible, n’avait aucune chance de survit, pour détruire la fin de vie de ces femmes infantilisées, qui auraient pu finir leurs jours tranquillement dans leur maison auprès de leurs amis, que de cette odieuse nièce tortionnaire. Terry décédée, Pat doit attendre sa fin seule dans sa triste chambre pour rejoindre son amour.

Avec Terry Donahue et Pat Henschel, l’effroyable Diana Bolan, Kim Donahue, Tammy Donahue et Jack Xagas et John Byrd, John Sorenson et Yvonne Zipter, Marge Summit et Tracy Baim, Barbara Gittings et Jeff Samburg.

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10 mars 2020 2 10 /03 /mars /2020 10:42

Merci à KMBO pour m’avoir permis de découvrir ce très émouvant docu-reportage syrien réalisé en 2019 par Waad Al-Kateab et Edward Watts, pour un témoignage éprouvant du martyre des habitants de la ville d’Alep entre 2012 et la révolution pacifique syrienne jusqu’en 2016 et la destruction de la ville écrasée sous les bombes russes et le massacre de sa population.

En 2012, la jeune étudiante Waad Al-Kateab, participe avec la population syrienne aux manifestations pacifiques dans sa ville d’Alep, qui revendique la démocratie et la liberté d’expression, dans ce qui va s’appeler la révolution syrienne. Consciente d’ »assister à un moment historique important dan son pays et dans sa vie, elle commence à filmer avec son téléphone le quotidien qui va virer vers le cauchemar absolu. Des centaines de manifestants récemment arrêtés sont retrouvés assassinés après tortures par la police politique.

L’horreur ne cesse alors de repousser les limites de l’indicible avec les massacres de civile, l’utilisation de gaz meurtriers et des bombardements massif par l’aviation russe alliés du dictateur génocidaire de son peuple. Jour après jours, Waad filme le quotidien de son fiancé puis époux Hamza, chirurgien dans un hôpital vite la cible des bombes russes où affluent des hommes des femmes et de nombreux enfants, blessés, mutilés et surtout assassinés. La naissance de sa fille Sama, est le sens de l’innommable de ce que subissent les enfants, à qui elle dédie ce documentaire à l’attention du monde entier qui regarde, no pas impuissant, mais complice dans une non assistance à peuple en danger dans des crimes contre l’humanité.

Terrible témoignage du siège d’Alep comme de toutes les villes de Syrie, et du massacre effroyable de la population civile par les forces syriennes et surtout russes, sous le regard impavide de la communauté internationale, sinon complice, pour le moins indifférente, qui s’est juste offusqué de l’afflue massif de migrants sur son territoire. Où est passé les droits d’ingérence qui avait mis fin à la guerre en Yougoslavie ? N’y a-t-il pas non assistance à peuple en danger ?

Avec ce reportage à l’attention de la petite Sama, et donc au monde entier, c’est l’horreur qui s’étale sous nos yeux. La violence à l’état brute comme jamais les JT ne l’ont montrées. Axée dans la lutte et la destruction contre Daesh qui en effet a pris le relais de la résistance syrienne, nos dirigeants ont laissés, et laissent encore faire les bombardements par l’aviation nazie russe sur des hommes, des femmes et des enfants jusqu’à détruire une ville à 90% et tuer des centaines de milliers des habitants de la ville d’Alep.

Et par millions le reste du pays au même sort. Sur des images abominables, qui nous prend aux tripes à en pleurer devant ces victimes, au premier chef les enfants. Et dire que cela continue à l’heure présente. Et dire que nos gouvernants continus de serrer les mains de Poutine et de ses complices, et dire que nous ne faisons toujours rien, pas même envoyer des missiles sol air pour détruire l’avion soviétique.

Le documentaire Pour Sama, distribué par KMBO et sa page Facebook, est disponible depuis le 3 mars 2020 en DVD. Il est proposé en version originale sous-titrée français. Dans les suppléments, un entretien avec Waad al-Kateab et Edward Watts.

3 étoiles

 

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4 mars 2020 3 04 /03 /mars /2020 10:10

Un grand merci à L'Harmattan Vidéo pour m’avoir permis de découvrir ce film documentaire réalisé en 2019 par Jean-Loup Martin, pour quatre reportages sur l’univers fantastique de la bande dessinée et des auteurs créateurs qui ouvrent leurs ateliers et leurs passions.

Rodrigue, nous fait découvrir le monde de la création de bandes dessinées, la naissance des héros, sur l’auteur et créateur, sa vie, ses inspirations et son parcours. Michel Rodrigue, auteur prolifique et diversifié dans son style et ses sujets et le créateur de CubitusAutrefois acteur, il est aussi aujourd’hui passionné de marionnettes.

La BD à l’ouest. Certains auteurs européens comme Morris, Achdé, Jean Giraud, Lambil, Cauvin, François Boucq et Thierry Girod se sont lancés dans un genre qui n’appartient pas à leur culture tel le western.

Avec Philippe Valette, c’est la BD au cinéma qui est évoquée à travers des extraits de films américains.  sa carrière est éviquée dans son parcours atypique. Jean Doux et le mystère de la disquette molle, avec un dessin minimaliste mais très travaillé.

Avec Sur les traces des Pieds Nickeles, est relatée l’histoire de ces trois célèbres filous créés par Louis Forton en 1908, repris par Pellos dans les années 60, puis par Rodrigue dans les années 90, qui relate l’aventure d’immersion dans ces aventures tout en conservant l’esprit d’origine avec le talent de chaque dessinateur.

De passionnants portraits de dessinateurs de BD marquant dans le monde d’images et de bulles aux multiples possibilités de récits et de graphismes, de la plume au rotring jusqu’au numérique, la peinture et le cinéma, l’univers de la BD est infini en talent et univers du possible.

Le documentaire La BD par ses maîtres - Vol. 26, distribué par L'Harmattan Vidéo, est disponible en DVD et VOD dans les meilleurs bacs depuis le 3 février 2020.

2 étoiles

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22 décembre 2019 7 22 /12 /décembre /2019 09:41

Un grand merci à Arte Éditions pour m’avoir permis de découvrir cet excellent documentaire franco-britannique en deux parties réalisé en 2019 par Delphine Jaudeau et Mick Gold, pour une reconstitution de cette révolution locale vers l’internationnale.

Un documentaire en deux parties qui raconte l’incroyable aventure qu’a été la révolution cubaine, de son avènement jusqu’à aujourd’hui, de la bouche même de ceux qui l’ont vécue, soutenue ou combattue. Comment cette petite île est parvenue à se hisser sur la scène internationale ? Du rapport étroit tenté avec les Soviétiques aux tentatives révolutionnaires de militants envoyés en mission en Afrique et en Amérique Latine. Deux documentaires qui nous apportent une vision de ce monde obscure aux conséquences lourdes sur les peuples et les politiques internationales.

1ère partie : Les combattants, réalisé par Mick Gold.

La Havane, 1er janvier 1959. Le dictateur Fulgencio Batista s'enfuit en avion à Saint-Domingue. Le lendemain, les maquisards barbus (barbudos) de la révolution cubaine, menés par Fidel Castro, pénètrent dans la capitale. Castro et Che Guevara sont déterminés à délivrer leur île de toute domination étrangère et à faire de Cuba l'avant-garde des luttes de libération nationale et anti-impérialistes d'Afrique et d'Amérique latine.

2ème partie : Les diplomates, réalisé par Delphine Jaudeau.

Avec l'effondrement de l'Union soviétique, Cuba perd son principal soutien économique et politique, face à un embargo américain toujours virulent. Le niveau de vie baisse gravement, ce qui conduit plus de 100 000 réfugiés à gagner les côtes de Floride, créant ainsi un afflux difficilement contrôlable. Conscient qu'aucun rapprochement n'est alors envisageable avec les États-Unis, Fidel n'a d'autre choix que de réinventer encore une fois sa politique étrangère. Abandonnant son treillis pour le costume de ville, le Líder Maximo troque la lutte armée pour le soft power. Après le temps des combattants, vient celui des diplomates.

Deux excellents documentaires qui nous apportent informations et éclairages historiques avec les dessous d’une politique révolutionnaire qui en chassant une dictature l’a remplaça par une autre toute aussi effroyable et tentée de l’importer pour survivre. La bétise américaine à l’origine qui sévit encore aujourd’hui par un blocus politique et économique permet à la dictature communiste de se maintenir vaille que vaille au détriment du peuple censé être plus heureux. Ainsi, avec des superbes images d’archives et les précieux témoignages des quatre coins du monde des protagonistes, se dévoile l’influence cubaine durant une sale guerre froide Est vs Ouest au détriment des centaines de millions de populations engendrant guerres et dictatures, famines et tortures.

, clairs et concis, ces deux documentaires nous en apprennent beaucoup sur Cuba et sa révolution, sur ses dirigeants et leurs actions en réaction en chaîne. On regrettera peut-être de ne pas évoquer les tortures et meurtres perpétrer par le Che et consorts, les trahisons internes et purges, restant sur les deux thématiques très éclairantes.

 

Avec les voix françaises de Mario Pecqueur, Philippe Dumont, Pascal Germain, Philippe Ariotti, Jean-Loup Horwitz, Michel Prudhomme, Denis Boileau, Michel Rhul, Hervé Caradec, Gérard Sergue et Marie Lenoir.

Le documentaire Cuba la révolution et le monde, distribué par Arte Éditions et sa page Facebook, est disponible depuis le 27 novembre 2019 en DVD et VOD. Il est proposé en version audio français, sous-titré français pour sourds et malentendants.

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29 novembre 2019 5 29 /11 /novembre /2019 17:57

Un grand merci à Universal Pictures pour m’avoir permis découvrir ce pour m’avoir permis de découvrir ce superbe documentaire réalisé en 2019 par Todd Douglas Miller, nous replonge dans l’incroyable épopée humaine et prouesses technologiques.

Récemment découvertes, plus de 11 000 heures d’enregistrements audio à partir d’images 70 mm inédites, Apollo 11 nous entraîne dans la plus grande aventure humaine avec la célèbre mission de la NASA et des premiers pas de l’Homme sur la Lune, ceux de Buzz Aldrin et Neil Armstrong et du pilote Michael Collins selon l'objectif fixé par le président John F. Kennedy le 25  mai 1961. Un magnifique documentaire pour un voyage fabuleux en ces journées extraordinaires du 21 juillet 1969, de leur envol, du voyage, du « C’est un petit pas pour l’Homme, un grand pas pour l’Humanité », jusqu’à leur retour sain et sauf.

De la base de Houston d’où sont emmenés les trois astronautes, jusqu’au pas de tir puis dans la fusée Saturn V, nous assistons au décollage pour un merveilleux voyage sur la Lune avec la même et saisissante émotion d’alors. J’avais huit ans, alors en vacances, quand nous avions écouté à la radio l’événement en regardant l’astre, avant de le voir plus en réel à la télévision. Un émotion partagée par des centaines de millions d’humains, face aux prouesses techniques et technologiques des chercheurs et ingénieurs jusqu’à ces astronautes.

Le documentaire à partir de ces fabuleuses images inédites, bien meilleures que les films de science-fiction numériques, nous donnent de magnifiques frissons de par la fraîcheur des images aux couleurs lumineuses, de par les explications et les interventions des protagonistes héroïques, que par l’exploit lui-même.

Le documentaire Apollo 11, distribué par Universal Pictures, est disponible en DVD et Blu-ray dans les meilleurs bacs depuis le 6 novembre 2019 en DVD et Blu-ray. Il est proposé en version anglaise sous-titrée français, anglais et japonnais et audio français, et anglais. Dans les suppléments, le documentaire du film, et le clip.

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